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Quand on croyait que des canaux avaient été creusés sur Mars

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 30.09.2015 à 14 h 28

Repéré sur Time, Popular Mechanics

Une erreur de traduction a fait croire pendant plusieurs décennies que des Martiens avaient construit sur leur planète des canaux d’irrigation.

Le cratère Santa Maria sur Mars photographié par la Nasa | Reuters

Le cratère Santa Maria sur Mars photographié par la Nasa | Reuters

La Nasa a annoncé lundi 28 septembre qu'il y avait bien de l'eau liquide sur Mars. Comme nous vous l'expliquions, «plusieurs responsables scientifiques de la Nasa ont annoncé que l'eau coule bien sur la surface de la planète, le long de certaines collines, mais seulement pendant les mois les plus chauds de l'année avant de s’évaporer au début de l'automne. La stabilité de l'eau liquide n'étant possible qu'entre 0 et 10°C grâce à la présence de sels perchlorate, si l'on en croit les recherches de Lujendra Ojha, du Georgia Institute of Technology d'Atlanta, présentées lors de la conférence de presse de la Nasa».

Avec ces révélations, de nombreux journalistes scientifiques se sont replongés dans l'histoire de la planète rouge et ont rappelé que, dès le XIXe siècle, on a cru avoir découvert les preuves de présence d'eau sur Mars, comme le raconte le magazine Time:

«L'excitation autour de possibles habitants sur Mars et sur ce qu'ils pourraient boire a commencé au XIXe siècle avec l'astronome italien Giovanni Schiaparelli, qui a décrit des traînées un peu floues à la surface de la planète et les a appelées “canali”. Ce mot italien signifie “chenaux”, a expliqué Time quelques décennies plus tard, mais avait été traduit par erreur à l'époque par le mot canaux, ce qui suggérait que quelqu'un avait choisi de les construire.»

En effet, indique Popular Mechanics, ces «canaux» évoquaient «l'eau, la vie et une intervention intelligente dans le paysage martien».

Naturelles constructions martiennes

La carte de Schiaparelli a facilité cette erreur de traduction:

«Il faut dire qu'elle ne ressemblait à rien de plus qu'une carte de Venise avec des bras de la rivière qui s'écoulent à travers et autour de masses de terre qui font penser à des villes et des ports, une géographie vivante.»

Karte Mars Schiaparelli MKL1888.png


«Karte Mars Schiaparelli MKL1888» par Inconnu — Meyers Konversations-Lexikon (German encyclopaedia), 1888.. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.

À ceci se sont ajoutés, au début des années 1900, les travaux de «l'astronome amateur Percival Lowell, qui affirmait avoir découvert des canaux d'irrigation et théorisé qu'ils avaient été construits par des Martiens», indique l'agence de presse américaine AP.

Popular Mechanics explique que cela aura duré jusqu'en 1907 et la publication de Mars est-elle habitable?, de A.R. Wallace, ouvrage dans lequel «il critiquait le livre de Lowell “en fournissant une explication assez naturelle des caractéristiques de la planètes qui ont été décrites comme ‘non-naturelles’ par M. Lowell”», dès l'introduction. Le tout avant qu'Orson Welles ne fasse revivre ce mythe à la radio avec La Guerre des Mondestrente ans plus tard.

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