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Les leaders mormons confirment que la lune rousse n'est pas synonyme d'apocalypse

La lune rousse prise en photo à Varsovie, en Pologne, le 28 septembre 2015 | REUTERS/Kacper Pempel

La lune rousse prise en photo à Varsovie, en Pologne, le 28 septembre 2015 | REUTERS/Kacper Pempel

La «Blood Moon» a amené de nombreux fidèles à croire que la fin des temps arrivait. Un discours survivaliste qui a inquiété l’Église mormone.

Les mordus d'astronomie ont pu profiter dans la nuit de dimanche 27 à lundi 28 septembre de la lune rousse produite par la rare combinaison d'une éclipse lunaire et d'une superlune, laquelle se reproduira pour la prochaine fois dans dix-huit ans. Quelques mormons, à l'inverse, avaient commencé à faire des stocks de conserves. La «lune rousse» (ou «lune de sang» en anglais), associée à de récentes catastrophes naturelles et troubles, en avait amené certains à croire que la fin des temps arrivait et les détaillants qui vendent des kits d'urgence ont fait un tabac.

Le Salt Lake Tribune explique comment tout cela s'est déroulé:

«L'histoire, croient savoir certains survivalistes, est divisée en période de sept ans –omme la notion hébreuse de “shemitah” ou du Sabbath. En 2008, sept ans après les attaques du 11-Septembre, les marchés se sont écroulés, signe avant-coureur d'une récession dévastatrice. Cela fait sept ans et, aujourd'hui, Wall Street fluctue violemment ces dernières semaines dans le sillage de la dévaluation chinoise.

 

Par conséquent, ils croient qu'à partir du 13 septembre et du début des jours redoutables (Yamim Noraïm), il va y avoir une crise financière encore plus redoutable qui aura pour cause la “cruauté” américaine. Ceci lancerait les jours de la tribulation” –tels que décrits dans la Bible.

 

Ils disent que le 28 septembre verra une “lune rousse” rouge et pleine et qu'un tremblement de terre important aura lieu dans ou près de l'Utah. Certains anticipent l'invasion de troupes de l'ONU, des perturbation technologiques et le déclin, le chaos et l'hystérie.»

On ne sait pas vraiment combien ont marché dans cette théorie, mais il semble que les avertissement –qui semblent en partie alimentés par les écrits de l'auteure mormone Julie Rowe– ont renforcé les spéculations d'une apocalypse proche. L'Église a averti ses fidèles d'éviter les livres de Julie Rowe, qu'elle a inclus dans une liste de «matériels fallacieux», raconte KUTV.  Sans chercher les chiffres exacts, il semble que l'inquiétude soit assez répandue pour que les leaders mormons s'expriment publiquement et livrent un communiqué dans lequel ils préviennent les croyants de ne pas se retrouver mêlés à des théories sur la fin du monde, explique l'agence de presse américaine Associated Press.

Inquiétude propagée

Le porte-parole de l'Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours, Eric Hawkins, a appelé les fidèles à être «physiquement préparés aux hauts et aux bas de la vie» mais à «éviter de se retrouver mêlés à des efforts désespérés d'anticipation d'événements catastophiques». Voici ce que raconte le communiqué, posté par KUTV:

«L'Église encourage ses membres à être spirituellement et physiquement préparés aux hauts et aux bas de la vie. Pendant de nombreuses décennies, les leaders de l'Église ont conseillé aux membres, quand cela était possible, de constituer petit à petit des stocks de nourriture, d'eau et de ressources financières pour assurer son autosuffisance lors de désastres. Les épreuves difficiles font partie de la vie, comme la maladie, les blessures ou le chômage.

 

Cet enseignement au sujet de l'autosuffisance a été accompagné par le Conseil des leaders à éviter de se retrouver mêlés à des efforts désespérés d'anticipation d'événements catastrophiques.

 

Les écrits et spéculations de certains membres de l'Église, dont certains ont pris beaucoup de valeur récemment, devraient être considérés comme des prises de positions personnelles qui ne reflètent pas la doctrine de l'Église.»

Bien que de nombreux Mormons n'aient probablement jamais entendu parler de la théorie du jour dernier, la publication d'un communiqué montre à quel point les leaders de l'Église –tout du moins– sont inquiets à l'idée de voir se propager ce discours. «Que ce discours émerge autant et qu'ils décident d'envoyer une lettre à ce sujet signifie qu'ils ont senti qu'ils devaient faire quelque chose pour que cela se tasse», a expliqué à AP Patrick Mason, chaire des études mormones à l'université de Claremont, en Californie.

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