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Le «bar à céréales» de Londres visé par des manifestants anti-gentrification

Les frères jumeaux qui ont monté un bar à céréales dans le quartier de Shoreditch à Londres, un territoire en cours de gentrification, ont reçu une couverture médiatique phénoménale lors de l’ouverture en décembre 2014. Comme nous le racontions alors, l’engouement pour leur concept s’était progressivement mué en procès de la gentrification, les commerçants étant accusés de participer à une forme d’élitisme social en servant des céréales à des prix élevés dans un quartier populaire de la capitale. Un reportage filmé par la chaîne Channel 4 avait cristallisé le malaise suscité par leur arrivée.

Le café a essuyé dans la soirée de samedi 26 septembre une attaque par un mouvement anti-gentrification. Une foule de manifestants masqués munis de torches s’est réunie devant leur vitrine, qui a été dégradée par de la peinture et des obscénités écrites sur la devanture.

Le Guardian rapporte qu’un policier a été légèrement blessé au visage en recevant une bouteille. Selon le Evening Standard, ce sont des centaines de gens qui se sont réunies samedi soir pour participer à cette «F*** Parade» pour «reprendre possession de Shoreditch».

 

Sur la page Facebook de l'événement, organisé par le petit parti anarchiste Class war party (le parti de la lutte de classes), les organisateurs écrivent:

«Nous ne voulons pas d’appartements de luxe que personne ne peut se payer, nous voulons des logements vraiment abordables. Nous ne voulons pas de petits bars servant du gin ou des petits brioches, nous voulons une communauté.»

Le groupe se plaint de constater que Londres ne sera bientôt plus reconnaissable, peuplée uniquement de «yuppies», au détriment des gens «normaux (ou pas si normaux)», et souhaite reprendre la ville «aux hipsters et aux promoteurs immobiliers».

Lors de la controverse provoquée par l'ouverture du Cereal Killer cafe, une journaliste du New Stateman écrivait dans un édito titré «Pourquoi le hipster-bashing paresseux ne règle pas la question des inégalités», que s’il faut faire le procès de la gentrification londonienne, c’est tout le marché immobilier qu’il faut accuser et non deux patrons de café. Argument repris depuis l'attaque de samedi par les tenanciers du bar à céréales devenu le symbole des désordres urbains causés par la gentrification.

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