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Un étudiant est soupçonné d’être terroriste pour avoir lu... un livre sur le terrorisme

Nom de la photo / Huxley10  via Wikimédia License by

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L’université du Staffordshire a dû présenter ses excuses à cet étudiant sur lequel a été diligenté une enquête parce qu’il se documentait sur le contre-terrorisme.

Après l’interpellation du jeune américain musulman Ahmed Mohamed, qui a amené une horloge en classe que la police a pensé être une bombe, une autre histoire vient rappeler à quel point le milieu éducatif vit dans un état de crainte permanente du terrorisme.

Cette fois, c’est en Angleterre que la mésaventure est survenue. Mohammed Umar Farooq, étudiant en au sein du master Terrorisme, crime et sécurité mondiale, a été l’objet d’une enquête de trois mois mise en place par sa propre université, celle du Staffordshire, dans l'est du pays. Son seul tort pourtant a été d’avoir lu à la bibliothèque un livre intitulé Terrorism studies.

Il a raconté au Guardian avoir été questionné ce jour-là sur ses positions sur l’homosexualité, Daech et al-Qaida. Il a évidemment montré son opposition à l’extrémisme mais la conversation a été rapportée aux officiers de sécurité:

«Je n’arrivais pas à y croire, explique le jeune homme. Je lisais un livre académique et je m’occupais de mes trucs. Au début je pensais que j’allais en rire, comme une blague.»

Suspicion permanente

Après trois mois d’enquête, l’université a finalement admis sa faute et s’est excusée, expliquant qu’elle ne faisait que son devoir, «en tenant compte du besoin d’empêcher les gens de sombrer dans le terrorisme».

Cette phrase est frappante car elle témoigne du malaise grandissant des établissements scolaires et universitaires anglais face aux nouvelles consignes de prévention et de détection des comportements extrémistes. The Independent expliquait que plusieurs syndicats étudiants avaient émis des craintes quant à la liberté d’expression, qui pourrait être menacée par ce nouveau plan gouvernemental. Des mesures qui risquent aussi, selon elles, de menacer le respect mutuel entre les communautés et d’alimenter un climat de suspicion permanente.

Le groupe d’avocat Cage a ainsi expliqué au Guardian avoir reçu, depuis octobre 2014, «près de cent cas [comme celui de Mohammed Umar Farooq]. Ce que montre ce cas est quelque chose [qu’ils voient] souvent: le signalement exagéré de comportements normatifs, et une approche basée sur la peur qui aliène et crée un antagonisme dans les communautés». Il y a quelques jours, c’était un garçon de 14 ans qui avait été interrogé sur l’extrémisme radical après une discussion en classe sur l’activisme environnemental dans une école de Londres.

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