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10 trucs pour optimiser le Whisky Live (ou toute autre vaste dégustation de malt)

Profitez-en pour comparer les arômes décelés au fond du verre / Whisky Live 2013 | DR

Profitez-en pour comparer les arômes décelés au fond du verre / Whisky Live 2013 | DR

Ce week-end, cap sur le plus grand salon des spiritueux en Europe. Petit guide de survie pour en tirer le meilleur parti tout en gardant sa dignité.

Quelque 3.400 mètres carrés jalonnés de 160 marques, plus de 800 spiritueux, deux centaines de nouveautés à la louche, une dizaine de masterclasses, quatre pop-up bars monstres… À J-2 avant le Whisky Live Paris, dont Slate est partenaire pour la troisième année, révisons ensemble les principes de précaution sous peine de dévisser plus vite qu’une action Volkswagen.

1.Venez accompagné

Avec 10.000 passionnés attendus dont 3.000 professionnels, vous serez, je n’en doute pas, en excellente compagnie au Whisky Live. Pour autant, venez accompagné: le plaisir d’une dégustation se décuple quand on la partage. Échanger ses impressions, comparer les arômes décelés au fond du verre, s’écharper sur l’évaluation d’un malt ajoutent à l’expérience.

Venez accompagné et, surtout, venez à pied. En métro. En bus. Uber. Ou tout autre moyen de locomotion que vous ne conduirez pas vous-même: vous n’allez pas vous contentez d’admirer les bouteilles, n’est-ce pas?

2.Repérez deux accessoires indispensables

En arrivant, vous n’aurez d’yeux que pour les flacons, lascivement posés sur les stands. Ressaisissez-vous un instant, et repérez aussi les crachoirs, ces manières de seaux à glace avec entonnoir intérieur dans lesquels vider le fond du verre. Comme leur nom l’indique, on peut aussi y recracher la gorgée de dégustation –mais, au prix de cette frustration, vous perdrez également la rétro-olfaction et la moitié du plaisir.

Les beaux flacons lascivement posés sur les stands du Whisky Live 2013 | DR

Les bouteilles en verre trompeusement griffées «Speyside Glenlivet» pour ne pas vous effrayer, c’est de l’eau (sauf si la couleur est ambrée, auquel cas c’est du Glenlivet). Pas de mouvement de recul: pensez à en boire entre chaque dégustation pour rincer votre copita et votre palais tout en vous hydratant.

3.Ne vous dispersez pas dans tous les sens

Si c’est votre premier Whisky Live, vous aurez tendance, comme lors de toutes les premières fois, à vouloir en faire trop. Quitte à risquer la débâcle. De grâce, appuyez sur la pédale de frein. Quelque 160 marques font le déplacement cette année, soit 800 spiritueux en dégustation et plus de 200 nouveautés. Puisque, en trois chiffres, nous venons d’établir (en principe) que vous ne pourrez pas tout goûter, cernez vos priorités. Fixez-vous un programme, voire une thématique. Concentrez-vous par exemple sur les micro-distilleries. Ou les embouteilleurs indépendants. Les nouveautés marquantes. Les whiskies tourbés. Les bourbons. Le bar VIP (l’endroit où vous croiserez les passionnés grattant furieusement sur leur petit carnet et les blogueurs en mode selfie).

4.Étalonnez votre palais

Commencez par un whisky que vous connaissez par cœur. Puis partez explorer les terres inconnues

Commencez toute dégustation, entre amis ou lors d’un festival, par un whisky que vous connaissez par cœur, histoire de vérifier vos sensations. Ensuite seulement, partez explorer les terres inconnues.

5.Dégustez comme un pro

Prenez le temps d’admirer la robe du spiritueux, humez-en tous les arômes en trouvant la juste distance entre le verre et vos narines. Certains spiritueux ont besoin de s’oxygéner un peu pour donner leur pleine mesure: patience si l’éthanol vous saute à la truffe. Discutez avec vos amis, vos voisins de stand, échangez avec le producteur. Faites rouler une petite gorgée de whisky sur votre langue, laissez monter la salive, tapissez-en votre palais, lentement avant de lui faire franchir la glotte.

Dans un second temps, vous pourrez réduire votre malt avec un peu d’eau pour en révéler toutes les notes. Les pro ramènent leur whisky à 22-24% d’alcool pour en libérer les secrets enfouis. Réservez l’exercice à vos dégustations entre amis: le Whisky Live, antre du péché et de la tentation, n’est pas forcément l’occasion idoine pour goûter dans les conditions «professionnelles».

6.Avancez en ordre serré

Même s’il est tentant, pour d’évidentes raisons pratiques, de procéder stand par stand en dégustant à chaque fois une gamme complète, n’en faites rien. Commencez par les blends et/ou les whiskies doux, calmes en degrés. Aiguisez votre curiosité sur les spiritueux de dégustation, les petites merveilles du rhum, du cognac, armagnac, etc. Quand votre palais est encore réceptif, succombez aux espaces Collector et VIP, fondez pour les vieux embouteillages. Risquez-vous ensuite sur les brut de fûts, les sherry monsters, et enfin les tourbés.

Un conseil: ne dégustez pas à chaque stand une gamme complète / Whisky Live 2013 | DR

N’ESSAYEZ PAS DE TOUT FAIRE (désolée, j’ai crié un peu fort): le trop est l’ennemi du pas assez. Respirez par le ventre, le WLP reviendra l’année prochaine. Et la suivante. Et…

7.Gardez les tourbés pour la fin

Débutez par les blends et/ou les whiskies doux, calmes en degrés

Réservez toujours les whiskies tourbés pour la fin –ou alors, choisissez de ne déguster que ceux-là (cet univers est suffisamment riche pour qu’on s’y consacre). Et embrassez juste avant la sortie, et pas avant, les bombes à tourbe (Big Peat, Peat Monster, Supernova, Octomore…) qui vous goudronneront la langue et vous enfumeront le palais pour des heures.

Voilà pour la théorie (j’adore théoriser). En pratique, dans la vraie vie, deux heures après l’ouverture des portes du WLP il n’y aura plus d’Octomore à déguster… Life is a bitch.

8.Restez poli, en toutes circonstances

«Il n’y a pas de mauvais whiskies, il y en a seulement qui sont meilleurs que d’autres», prétend la sagesse écossaise revisitant les lois de la relativité rapportées au malt. Rien n’est moins vrai, vous murmure à l’oreille la voix de l’expérience. Ce week-end, même dans le temple du bon goût, il se peut que, fatalement, statistiquement, vous goûtiez une eau-de-vie qui n’aura pas l’heur de vous plaire.

À ce moment précis, rappelez-vous juste une chose: derrière chaque spiritueux il y a des hommes et pas seulement des marques. Des artisans du goût, des passionnés, des producteurs, maîtres de chais, distillateurs… qui consacrent leur vie à remplir nos verres de plaisir liquide, et apprécieront votre retour. Un «c’est original», «intéressant», «très novateur», voire un silence pénétré le nez plongé dans le verre remplaceront avantageusement une grimace au-dessus du crachoir en éructant:

«Vous faites le même en sans-plomb?»

9.Notez vos dégustations

Le Whisky Live est un merveilleux terrain de repérage pour vos prochains achats. Armez-vous d’un petit carnet pour griffonner vos impressions. Pas seulement vos notes de dégustation, mais surtout votre appréciation des whiskies goûtés. Un code simple (des étoiles, des cœurs, des lettres B, A, A+, A+++ –à moins de B, vous vous êtes trompé d’adresse, reprenez le métro jusqu’au quai d’Austerlitz) suffira  pour vous remémorer, quelques mois plus tard, quelles bouteilles ont eu vos faveurs. Car, oui, faites-moi confiance, vous en aurez oublié quelques-unes au bout d’une trentaine d’échantillonnages…

 Derrière chaque spiritueux il y a des hommes et pas seulement des marques

Amis technophiles, vous qui tenterez de vous passer du carnet en prenant vos notes sur smartphone, dites-vous bien que la journée est longue, le Wifi incertain et que, entre les selfies devant les stands (ceux que vous regretterez passé 16 heures), les photos d’étiquettes bombardées sur Facebook ou Instagram et les tweets de joie hystérique, votre batterie tombera à plat bien avant la dernière dégustation. Et c’est toujours la meilleure.

10.Fourrez des grains de café dans vos poches

Après quelques dégustations dont le nombre varie en fonction du temps, de la dose, de la diversité des expérience et du grand écart entre certaines (bon courage pour ne pas vous froisser un muscle si vous passez de la tourbe au sherry), vous ne ferez plus la différence entre un «bon» whisky et un «meilleur» whisky. N’hésitez pas à croquer un ou deux grains de café pour vous réinitialiser le palais. Si tous les malts dégagent des arômes de caoua, allez vous laver les mains et cessez de les fourrer dans vos poches.

Surtout, pas de chewing-gums, Menthos et autres Tic-Tac pour vous rafraîchir l’haleine: vous ne pourrez plus rien goûter derrière. Sortez-les quand vous sentez qu’il est temps de rentrer, pour vous donner du courage. Snif, c’est fini. Rendez-vous l’année prochaine pour un autre Whisky Live, et dans sept jours sur Slate pour une dégustation entre amis.

Whisky Live Paris

Les 26 et 27 septembre de 13h30 (12h30 pour les Pass VIP) à 19h30. Cité de la mode et du design, 34, quai d’Austerlitz, Paris XIIIe.

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