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Que sont devenus les grands patrons qui ont démissionné à la suite de scandales?

 PRO Wanted - Fred "The Shred" Goodwin |Pat Joyce via Flickr License by

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Le PDG de Volkswagen Martin Winterkorn a quitté ses fonctions. Quel destin l'attend-il maintenant? Passage en revue de quelques-uns de ses pairs qui ont connu l'opprobre avant de parfois rebondir.

C'est la fin de la course pour Martin Winterkorn, le patron de Volkswagen poussé à la démission après le scandale de la manipulation des données d'émission de gaz polluant de ses véhicules diesel. Mais l'herbe est parfois plus verte ailleurs. Si certains patrons jugés responsables des plus grands scandales financiers de ses dernières annéees ont parfois connu l'oubli total ou la prison, d'autres ont tiré leur épingle du jeu. 

1.Marcus Agius de Barclays et le Libor (2012)

Le patron de la banque Barclays a dû démissionner en 2012 à la suite du scandale du Libor, une manipulation de taux interbancaires, qui impliquaot de nombreuses banques (dont Bank of America, Citigroup, Credit Suisse, Deutsche Bank, HSBC et JPMorgan Chase). L'établissement bancaire a accepté de payer une lourde amende en échange de l’abandon des poursuites. Aujourd’hui, Marcus Agius est président du conseil d’administration de la firme de conseil Pa Consulting (plus de 2.000 salariés) et participe au conseil d’administration des jardins de Kew, selon une interview qu’il a donnée au site Management Today. Il est aussi, semble-t-il, devenu plus philosophe: 

«Le jardinage est une excellente thérapie. Cela enlève tous les soucis et à la fin, vous pouvez observer que ce que vous avez planté a radicalement changé.»

Pas comme dans la finance?
 

2.Dick Fuld et la chute de Lehman Brothers (2008)

Impliqué dans l’une des plus grosses banqueroutes de l’histoire des États-Unis, Dick Fuld a refait surface sept ans plus tard, en mai 2015, lors de la Marcum MicroCap Conference, un rendez-vous annuel pour les petites capitalisations. Il n’a toujours pas digéré la faillite: «J'aimerais vous dire que je l'ai surmonté, que c'est derrière moi. Ce n'est pas le cas.» Il dirige désormais une petite banque d'affaires baptisée Matrix Advisors, qu’il a fondée en 2009. 

«En parlant avec quelques vétérans de Lehman, des collègues de Wall Street, des avocats et divers ennemis ou amis de son entourage, aucun d’entre eux ne pouvait citer une seule réussite de Dick Fuld durant ces cinq dernières années», écrit Bloomberg, qui est parti en 2013 sur ses traces

Les autres hauts responsables de Lehman Brothers ont tous trouvé à se recaser dans d’autres banques, et aucun n’aurait connu le même sort que leur patron. S’il est tombé dans l’oubli, il n’est pas pour autant tombé dans la pauvreté. Selon Bloomberg, il possédait encore il y a deux ans une jolie villa de 19 millions de dollars dans la station de sports d'hiver Sun Valley.
 

3.Bernard Madoff et sa «pyramide de Ponzi» (2008)

Labellisé «escroc du siècle» après avoir détourné 65 milliards de dollars, il a été condamné à 150 ans de prison et incarcéré dans une prison fédérale située en Caroline du Nord, le Butner Medium. Mais le malfrat en col blanc, ex-président du Nasdaq (1990-1993), la Bourse des valeurs technologiques américaines, bénéficie toutefois de conditions de détention hors du commun. Paris Match vous donnerait presque envie d’aller faire un tour au bagne. 

«La prison ressemble à un campus à l’américaine, avec de vastes espaces verts, une salle de gym, une bibliothèque, des tables de billard, une chapelle, mais aussi… un sauna. Le tout sans barreau aux fenêtres», écrit l’hebdomadaire, qui nous apprend qu’elle est surnommée «le camp duveteux».

 

4.Daniel Bouton pris dans l’affaire Kerviel (2007)

Le cas de Daniel Bouton est emblématique de ces patrons que le scandale n’a pas empêché ensuite, non seulement de garder leur poste, mais aussi de toucher stock-options et retraite dorée. Eclaboussé par l’affaire Kerviel et la perte record de 7 milliards d’euros de son trader, le patron de la Société générale avait proposé sa démission, que le conseil d'administration de la banque a refusée. 

Il a empoché la même année 1,3 millions d’euros en stock-options, et reçu l’année suivante une retraite dorée de plus de 700.000 euros par an. Ce qui inspira à Christine Lagarde, alors ministre des Finances, ce bon mot: «Il serait grand temps que Société générale rime un peu plus avec intérêt général.» Il a depuis créé sa propre société de conseil et donne de temps en temps des leçons de bonne gestion à la France. En 2014, son poste au conseil d’administration de Veolia a été renouvelé.
 

5.Loïk Le Floch-Prigent et l’affaire Elf (1994)

Pris dans la tourmente de l’affaire Elf, où se mêlent trafic d'influence, corruption et détournements de fonds, il est condamné en 2003 à cinq ans de prison ferme et écroué à trois reprises entre 2003 et 2010. Il devient alors consultant en énergie et pétrole selon Le Parisien et se fait oublier jusqu’en 2012, date à laquelle il se trouve mêlé à une escroquerie africaine. Il fait encore cinq mois de prison au Togo, puis sort un livre en 2014, Le Mouton noir –quarante ans dans les coulisses de la République, dans lequel il se dit innocent et dénonce le système de corruption mis en place avant lui, «l’ouvrage amer d’un homme déchu», résume Le Parisien.

6.Jean-Yves Haberer et le Crédit Lyonnais (1993)

Jean-Yves Haberer était le président du Crédit Lyonnais de 1988 à 1993, jusqu’aux pertes abyssales de la banque, découvertes en 1992. Il est remercié juste avant l’annonce de cette quasi-faillite, et recasé au Crédit national, où il ne reste pas longtemps. Ancien fonctionnaire, il est révoqué par le gouvernement Balladur et ses décorations (Légion d’honneur et mérite) sont suspendues. Condamné en 2005 dans l’affaire du Crédit lyonnais, il écope par ailleurs de dix-huit mois de prison avec sursis et d’une amende de 59.000 euros. Une goutte d’eau pour cet homme richissime: 

«À 75 ans, l'homme qui a défrayé la chronique financière française coule une retraite paisible dans son château du XVIIIe siècle dans la Somme», notait en 2008 Le Parisien, en ajoutant qu’il «dispose également d'un appartement parisien dans le XVIe».

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