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Le changement climatique pourrait faire émerger un nouveau nazisme

Adolf Hitler via Wikipedia

Adolf Hitler via Wikipedia

C'est la thèse controversée défendue par l'historien Timothy Snyder.

Nous vivons avec la croyance que, pour la grande majorité, les leçons de l’Holocauste et du régime nazi ont été tirées depuis longtemps. Personne n’imagine qu’une telle catastrophe puisse se reproduire, puisque nous misons tous sur une sorte «d’instinct moral». Mais pour l’historien américain Timothy Snyder, ce genre de scénario pourrait ressurgir à l’aube d’une catastrophe écologique sans précédent.

Dans les colonnes du Guardian, il reprend les conclusions de son dernier livre Black Earth: The Holocaust as History and Warning pour expliquer que l’urgence autour du changement climatique pourrait donner naissance à une pensée politique proche de celle qu’avait Hitler quand il est arrivé au pouvoir. À l’époque, raconte-t-il, le dictateur était convaincu qu’une catastrophe écologique mondiale serait causée par les Juifs, ce qui motiva sa volonté d’offrir de réorganiser l’espace, et donc de mettre en place l’Holocauste.

Le besoin de «place pour vivre»

L’historien met en avant la notion de Lebensraum, un terme signifiant «habitat» ou «niche écologique». Le nazisme considérait que les «races avaient besoin de plus de Lebensraum, "de la place pour vivre", pour se nourrir et se développer», écrit l’historien avant d’ajouter «qu’en présentant les Juifs comme une anomalie écologique responsable de la disharmonie de la planète, Hitler a canalisé et personnalisé les tensions inévitables de la mondialisation».

Le livre propose une lecture convaincante, mais relier des arguments historiques à la panacée écologique ne marche pas vraiment

Il voulait absolument fournir à son peuple les terres et les ressources nécessaires à son peuple. Une pensée que Snyder craint de voir ressurgir de nos jours, avec la panique écologique grandissante des États vis-à-vis de leurs ressources et la tentation d’aller chercher ailleurs ce que leur terre ne peut plus leur offrir.

Les climato-sceptiques et Hitler, même combat?

L’exemple le plus fort, selon lui, reste les climato-sceptiques dans la société américaine, qui nient la science et le progrès technologique. Un positionnement qui les rapprocheraient d’Hitler: 

«Il a nié que la science pourrait résoudre le problème basique de la nutrition, mais pensait que la technologie permettrait d'accaparer le territoire.»

Le livre de Timothy Snyder, et son scénario assez sombre, a déjà trouvé ses contradicteurs chez les historiens comme chez les journalistes. Le Guardian, dans sa critique du livre, explique que Snyder «confond certainement la croisade mondiale contre "l’ennemi" juif avec son plan régional pour assurer les ressources alimentaires de l’Allemagne». 

«C’est dommage, conclut le journaliste, la plupart du temps, le livre propose une lecture convaincante, mais relier des arguments historiques à la panacée écologique de cette façon ne marche pas vraiment.»

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