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De très nombreux patients ne comprennent pas leur médecin

Un chirurgien explique à son patient la procédure de l'opération dans un hôpital à Tel-Aviv, le 22 décembre 2010. REUTERS/Nir Elias

Un chirurgien explique à son patient la procédure de l'opération dans un hôpital à Tel-Aviv, le 22 décembre 2010. REUTERS/Nir Elias

Il y a la jeune femme qui prend des antibiotiques qui réduisent l'efficacité de sa pilule contraceptive et qui devrait faire appel à un autre moyen de contraception. Il y a l'homme âgé qui évite d'aller chez le médecin parce qu'il est dépassé par les termes médicaux et les acronymes qu'il ne comprend pas sur les formulaires qu'il doit remplir à chaque rendez-vous. 

Le site GOOD liste les cas de patients qui ne comprennent pas toutes les indications des personnes qui les soignent. Aux Etats-Unis, une étude de 2011 a conclu que 80 millions de personnes ont trop peu de connaissances sur la santé pour comprendre les prescriptions de leur médecin ou des conseils simples. 

En conséquence, ces patients ont tendance à revenir davantage à l'hôpital ou chez leur généraliste, et peuvent surtout aggraver leur santé, aussi parce qu'ils ont du mal à décrire leurs symptômes à un docteur et ensuite à lire et à déchiffrer leur ordonnance.

«Si un patient ne comprend pas son diagnostic ou l'importance de prévenir, de prendre son traitement, ou s'il n'est pas capable de s'orienter dans les différents services de santé, ce n'est pas surprenant qu'il ait des problèmes», confirme James Lebret, médecin et professeur assistant dans un centre médical de l'université de New York.

Selon une étude nationale menée aux Etats-Unis sur l'alphabétisation des adultes, plus d'un tiers des Américains ont ainsi des difficultés avec des actes de santé basiques, comme comprendre quoi boire ou manger avant un test médical ou pour suivre le calendrier d'un traitement pour l'immunisation d'un enfant par exemple. Cela concerne particulièrement les personnes âgées, les non-assurés, ceux qui n'ont pas fait beaucoup d'études, certaines minorités ou, sans surprise, ceux dont l'Anglais n'est pas la langue maternelle.

Toujours selon ces chiffres, seuls 12% des Américains ont assez de connaissance pour pouvoir prendre des décisions complexes liées à leur santé, comme par exemple trouver l'information nécessaire pour comprendre un terme employé par leur médecin.

Mais le contexte peut aussi défavoriser ceux qui pourraient parfaitement apprécier ces indications. R.V. Rikard, sociologue à l'université de l'Etat du Michigan, explique:

«Quelqu'un dont un proche est à l'hôpital après avoir fait une crise cardiaque, par exemple, est exposé à beaucoup de stress. Cela peut avoir des effets dévastateurs sur sa capacité à traiter une information médicale ou à prendre une décision.»

GOOD explique les différentes initiatives qui vont être mises en place pour clarifier les démarches de santé mais aussi comment les médecins doivent faire des efforts de communication et de pédagogie. Enfin, les patients, eux, ne doivent pas avoir peur de poser des questions.

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