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Les villes allemandes ont plein d'idées pour loger les réfugiés

Des réfugiés dans une salle de sport de la ville de Hanau, en Allemagne, le 22 septembre 2015 | REUTERS/Kai Pfaffenbach

Des réfugiés dans une salle de sport de la ville de Hanau, en Allemagne, le 22 septembre 2015 | REUTERS/Kai Pfaffenbach

Les municipalités ne manquent pas d’alternatives aux foyers d’accueil classiques pour héberger les réfugiés.

Avec l'arrivée massive de réfugiés, l'Allemagne se retrouve face à un immense défi logistique pour leur offrir des conditions d'hébergement dignes. Les foyers d'accueil étant surpeuplés, les municipalités rivalisent de solutions alternatives pour augmenter leurs capacités d'hébergement.

La ville-État de Hambourg, dans laquelle arrivent chaque jour jusqu'à 400 demandeurs d'asile, envisage par exemple de simplifier la procédure de réquisition de l'immobilier d'entreprise afin de pouvoir par exemple transformer des immeubles de bureaux vides ou des terrains industriels en foyers d'accueil, rapporte le quotidien Die Welt. Le ministre de la Justice du Land de Hambourg, Till Steffen, veut pouvoir ainsi disposer d'une solution de secours avant que les températures ne plongent:

«Tous les efforts [entrepris] ont pour but d'éviter que les réfugiés soient sans abri en hiver. Nous devons également utiliser les biens immobiliers d'entreprise qui sont vides. […] Exceptionnellement, il se peut aussi qu'il soit nécessaire que nous réquisitionnions une surface sans en obtenir l'accord [du propriétaire].»

Espaces vides réquisitionnés

En tant que commune, nous avons le devoir de loger les réfugiés

Rainer Vidal, maire de Nieheim, au journal local Westfalen-Blatt

À Berlin, où le Sénat a réquisitionné récemment un immense immeuble vide appartenant à la banque Sparkasse pour le transformer en foyer d'hébergement de demandeurs d'asile, la mairie des quartiers ultra-gentrifiés de Kreuzberg et Friedrichshain, jamais avare de propositions ambitieuses, songe à réquisitionner des appartements luxueux vides, qui n'ont qu'une visée spéculative, et les locations touristiques meublées pour y loger réfugiés et sans-abri, rapportait récemment le quotidien Berliner Morgenpost. Il y aurait actuellement 5.000 appartements vides «pour des raisons spéculatives» à Berlin.

Mais certaines municipalités vont beaucoup plus loin. La petite ville rhénane de Nieheim, 6.400 habitants, vient ainsi de demander à une partie des locataires des appartements appartenant à la ville de quitter les lieux d'ici août 2016, de manière à ce que les soixante-et-onze réfugiés accueillis jusqu'ici par la ville puissent y emménager, rapporte l'hebdomadaire Stern. Interviewé par le journal local Westfalen-Blatt, le maire de Nieheim, Rainer Vidal, justifie ainsi cette démarche très impopulaire:

«Cette décision n'a pas été facile à prendre pour nous. Je sais qu'il s'agit d'une mesure qui n'est pas conventionnelle mais, en tant que commune, nous avons le devoir de loger les réfugiés.»

Après avoir relayé la nouvelle sur sa page Facebook dédiée aux actualités locales, un habitant de Nieheim s'est vu dans l'obligation de supprimer son post, ses lecteurs s’étant insultés les uns les autres par le biais de plus de 200 commentaires...

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