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Des soldats russes ont refusé de se rendre sur le front… en Syrie

Temps de lecture : 2 min

Des soldats russes à Kunbinka près de Moscou le 16 juin 2015. REUTERS/Maxim Shemetov
Des soldats russes à Kunbinka près de Moscou le 16 juin 2015. REUTERS/Maxim Shemetov

Un groupe d'engagés volontaires de l'armée russe a récemment refusé de se rendre sur le front, rapporte The Daily Beast, car le document qui précisait les conditions de son déploiement ne comportait pas de date de retour et qu'il a appris à la dernière minute que sa destination était la Syrie. Pour avoir refusé de partir, les soldats en question sont accusés de trahison et risquent vingt ans de prison.

Selon la Constitution russe, tout soldat peut demander son état de service, ce que les soldats concernés n'ont pas obtenu dans ce cas-là. Valentina Melnikova, qui préside un comité de femmes de soldats en Russie, insiste:

«Tout ce que les soldats demandaient, c'était un ordre officiel clair afin que leurs veuves puissent être indemnisées s'ils étaient tués à l'étranger. Les soldats ont le droit de demander des documents, ils devraient toujours le faire avant de partir, sinon leurs familles ne pourraient pas percevoir un rouble.»

Les autorités russes ont confirmé qu'elles fournissaient des armes et des conseillers militaires au gouvernement syrien, mais elles ont toujours démenti avoir déployé des troupes en Syrie. Or, le mois dernier, un groupe de vingt soldats originaires de différentes régions de Russie a été réuni en une unité improvisée et déployé à Novorossiisk, dans un port militaire au sud-ouest de la Russie. Quand il faut habituellement des semaines pour rassembler des armes, ils ont rapidement été équipés. Tout ce que ces soldats savaient était qu'ils se rendaient dans un pays où le climat était plus chaud qu'en Russie, qu'il y avait des serpents et qu'à leur arrivée ils ne pourraient pas quitter la base.

Jusqu'au dernier moment, les soldats étaient persuadés d'être déployés à l'est de l'Ukraine où la Russie refuse de dire qu'elle est présente officiellement, rapporte le site russe Gazeta.ru, cité par The Daily Beast. Le 16 septembre, ils ont appris qu'ils se rendaient à Lattaquié, un important port syrien, et que leur départ était prévu le lendemain. La plupart des vingts soldats ont alors décidé de rompre leur contrat auprès d'un procureur local à Novorossiisk.

L'avocat qui les défend explique qu'il a déjà eu à défendre quatre Russes accusés de trahison en moins de six mois et note qu'il n'avait jamais eu autant de clients qui faisaient face à ce type d'accusations.

Slate.fr

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