Partager cet article

La visite du pape François aux États-Unis vue par la presse américaine

Le pape François le 23 septembre 2015 | REUTERS/Gary Cameron

Le pape François le 23 septembre 2015 | REUTERS/Gary Cameron

Les médias américains sont très prolixes sur la visite papale sur le territoire américain.

Le pape François est arrivé aux États-Unis le 22 septembre après son escale à Cuba, où il doit rencontrer le président des États-Unis le 23 et tenir un discours devant le parlement américain le 24. Après Washington, il s’envolera pour New York puis pour Philadelphie avant de repartir pour Rome le 27. Signe de l’importance attribuée à cette visite : le président et sa famille ont accueilli François à son arrivée sur la base Andrews dans le Maryland, et non à la Maison Blanche.

Les médias américains sont très prolixes sur le sujet, avec pour commencer le Washington Post, qui publie le calendrier détaillé des étapes de la visite papale.

Pourquoi l'avion du pape a-t-il fait des tours avant de se poser?

Des geeks de l'aviation ont suivi l'évolution du vol Alitalia dans lequel se trouvait le pape, et ont noté que l'avion avait effectué plusieurs cercles au-dessus de la Caroline du Nord avant de finalement se poser sur une base de l'armée américaine. The Atlantic a d'abord annoncé que c'était à cause du retard du convoi transportant Barack Obama et le vice-président Joe Biden, information ensuite démentie par la Maison Blanche.

Le Pape veut rassurer les Américains qui pensent qu’il est de gauche

Aux États-Unis, le pape joue politiquement à fronts renversés: les républicains conservateurs se méfient de ce qu'ils considèrent comme du marxisme chez le pape des pauvres alors que certains démocrates, favorables au mariage gay et à l'avortement, pensent qu'il est un homme de gauche proche de leurs convictions.

Ayant par le passé fustigé les dérives de l’économie capitaliste et les injustices qu’elle génère, le pape a tenu à rassurer dans l’avion les journalistes, assurant que ses écrits étaient parfois mal interprétés, lui donnant une réputation fausse d’homme de gauche.

Tolérant pour les personnes, le pape n’a en revanche jamais remis en question les principes de l’Église

Sur Slate.com, William Saletan lève à ce sujet un malentendu fréquent à propos des convictions politiques du pape: certes, il fait peur aux catholiques traditionnalistes, qui craignent que l’Église approuve la contraception, le mariage des prêtres et le mariage homosexuel, mais il n’est pas pour autant la «rock star de gauche» que décrivent parfois les observateurs.

Tolérant pour les personnes, il n’a en revanche jamais remis en question les principes de l’Église: les homosexuels devraient être chastes, les enfants devraient être élevés par un père et une mère, etc. Mêmes ambiguïtés sur le divorce ou sur l’avortement, sujets sur lesquels il allie respect et tolérance pour les personnes, et fidélité aux préceptes catholiques. Il «reformule ce que les chrétiens conservateurs ont toujours dit: aimez le pêcheur, pas le pêché».

Sur l'économie, le discours du pape pourrait malgré tout être mal reçu par certains élus américains. Après la publication en juin de l'encyclique du pape sur l'écologie et le changement climatique, dans laquelle il rappelait l'origine humaine du réchauffement et appelait à l'action, le candidat républicain Jeb Bush avait répondu qu'il pensait que la religion devrait rester en dehors des considérations politiques...

La papamobile américaine customisée

Le pape s'est engouffré à la sortie de l'avion dans une petite Fiat, un signe du niveau de vie modeste qu'il met en avant depuis son élection. Le choix de François pour ses bains de foule est une Jeep Wrangler customisée, protégée par un bouclier au-dessus de la plateforme sur laquelle il se tiendra. Pour l’occasion, le Washington Post a réalisé une très riche infographie sur l’histoire des voitures qui promènent les papes lors de leurs visites officielles, dites papamobiles. En 1981, le pape Jean-Paul II avait été touché à l'abdomen et aux mains par des tirs sur la place Saint-Pierre, à Rome. La sécurité de la papamobile a depuis été renforcée.

 Le Washington Post rappelle que, à un journaliste espagnol qui le questionnait sur sa propension à voyager malgré tout dans des voitures ouvertes non protégées, le pape a répondu:

Pour ses bains de foule, le pape François a choisi une Jeep Wrangler

«Voyons les choses en face: à mon âge, je n’ai plus grand-chose à perdre.»

 

 

La Jeep dans laquelle le pape visite les États-Unis | Source: The Washington Post.

Un présentateur télé ressuscite

Le présentateur de la chaîne de télé NBC Brian Williams a été suspendu d’antenne en février après des accusations de bidonnage de reportages. Mais, exceptionnellement, l’ancien animateur de l’émission NBC Nightly News fera un come-back cette semaine pour couvrir en direct la visite du pape aux États-Unis.

La rencontre avec Obama tombe le jour de Yom Kippour

La rencontre entre le président Obama et le pape François à la Maison Blanche aura lieu le 23 septembre, qui est aussi le jour de Yom Kippour, la plus importante fête juive. Les juifs pratiquants doivent normalement jeûner et ne pas travailler ce jour-là. Ce hasard de calendrier suscite quelques malaises diplomatiques aux État-Unis, où vit la seconde plus grande population juive du monde. The Atlantic se demande si cette coïncidence ne traduit pas un certain égoïsme papal vis-à-vis de la communauté juive, tout en estimant que François est un ami du peuple juif de longue date. Le site rappelle qu'il s’est lié d'amitié en Argentine avec un rabbin, avec lequel il a coécrit un livre sur le conflit israélo-palestinien et sur l’Holocauste.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte