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La poupée Lammily aura ses règles, et c’est un peu grâce à Donald Trump

Kit «Period party» («fête des menstruations») pour poupée Lammily | Lammily

Kit «Period party» («fête des menstruations») pour poupée Lammily | Lammily

Les petites filles pourront désormais mettre des serviettes hygiéniques à leur Lammily.

Lammily se désolidarise encore un peu plus de la poupée blonde. En novembre 2014, Nickolay Lamm lançait Lammily, une «poupée normale», livrée avec des stickers acné, cellulite, piqûres de moustiques ou vergetures. L’artiste confiait espérer aider les petites filles à avoir une meilleure image d’elles-mêmes en leur proposant une poupée réaliste, qui représenterait une alternative aux Bratz ou autres Barbie ultra-sexualisées et aux mensurations irréelles.

S’il avait été reproché à Lamm d’avoir une vision simpliste voire erronée de la psychologie adolescente, nul doute que sa dernière lubie risque elle aussi de ne pas remporter l’adhésion de tous.

Lammily va en effet avoir ses règles. Rassurez-vous, aucun faux sang bleu ni même rouge ne va sortir de la poupée. Un kit «fête des menstruations» est simplement proposé à la vente pour 10 dollar. Il contiendra un livret éducatif, une culotte, dix-huit autocollants réutilisables en forme de serviette hygiénique et un calendrier.

Puberté rigolote

Un kit qui, d’après Nick Lamm, permettra aux parents d’aborder le sujet des règles avec leur enfant de «manière rigolote». Sur le site, le kit «règles» est accompagné d’une vidéo mettant en scène un couple de parents, tentant pathétiquement de faire de la puberté et des règles un sujet rigolo en se versant un verre de jus de cranberry devant une fillette médusée.

Comme pour les stickers acné et cellulite, on ne peut pas nier que Lamm est plein de bonnes intentions

L’idée lui est venue après avoir entendu Donald Trump dire d’une journaliste dont il n’avait pas apprécié les questions qu'on «pouvait voir du sang sortir de ses yeux, du sang sortir de son… où que ce soit» –soit le tristement célèbre «Elle a ses règles ou quoi?»:

«Je ne veux pas faire de tout ça une sorte de projet politique ou quoi que ce soit. Mais je crois que, quand Trump a dit cela, ça illustrait parfaitement la façon dont les règles sont encore aujourd’hui tabous et, pire que ça, utilisées pour insulter les femmes.»

Sans honte ni dégoût

L’idée est donc de parler des règles aux petites filles en faisant en sorte qu’elles ne ressentent ni honte, ni dégoût. Et pourquoi pas de se servir de cette poupée comme d’un support.

D’aucuns jugeront que c’est pousser le réalisme un peu loin ou encore que c’est exonérer les parents de leur responsabilité en leur permettant de déléguer une partie des explications à un kit et une poupée. Mais, comme pour les stickers acné et cellulite, on ne peut pas nier que Lamm est plein de bonnes intentions. Et que parler des règles aux jeunes filles peut se faire de manière décalée et en se débarassant des poncifs et légendes encore trop fréquemment utilisées dans les campagnes publicitaires: la fée des règles ou dame nature des menstrues, la fille qui n’ose pas sortir de chez elle parce qu’elle a ses règles, ou celle qui sort de chez elle, la punk, et qui arrive (ô miracle) à faire du twirling-bâton sur des rollers avec un justaucorps blanc.

De récentes publicités pour tampons ou serviettes avaient pourtant montré qu’il était possible de parler des règles avec humour mais sans raconter n’importe quoi. Lammily a au moins un mérite: elle n’est pas livrée avec un liquide bleu fluo à verser sur un tampon qui «s’ouvrirait en corolle» et «retiendrait les odeurs».

 

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