Partager cet article

Les soldats américains ont dû passer sous silence les viols d'enfants commis par la police afghane

GIs patrol Mianishin, Afghanistan / Mike Pryor via Wikimédia License by

GIs patrol Mianishin, Afghanistan / Mike Pryor via Wikimédia License by

Plusieurs anciens GI's ont décidé de briser le silence dans les colonnes du New York Times.

Les abus sexuels d’enfants en Afghanistan sont un problème récurrent, le plus souvent pratiqués par des groupes armés et dominant au sein de la population locale. Même certains policiers profitent de leur position pour abuser des plus faibles. Lorsque les États-Unis décident d’envahir le pays en 2001, de nombreux soldats américains seront témoins de ce type de scènes. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, leurs supérieurs leur ont interdit d'intervenir ou d'empêcher ce genre de crime.

Aujourd’hui, plusieurs anciens soldats décident de briser le silence et de se livrer dans un article du New York Times repéré par Reader. Le journal américain cite, par exemple, le témoignage du père d’un soldat tué au combat en 2012, qui lui avait raconté  à l’époque que les officiers lui ont dit de «détourner le regard ailleurs, car il s’agit de leur culture», à propos de ces «bacha bazi», ces «jeux de garçons».

«La raison pour laquelle nous étions là est qu'il se disait des choses terribles sur ce que les Talibans faisaient aux gens, comment ils leur ôtaient leurs droits, raconte de son côté Dan Quinn, un ancien capitaine des forces spéciales. 

Mais nous mettions au pouvoir des gens qui faisaient des choses bien pires.»

Une culture du silence encore forte

Il raconte par exemple l’histoire de cette adolescente de 15 ans à peine, violée par un chef de milice. «Il l'a eu un jour en prison, puis la jeune fille a été obligée de l’épouser.» Il se rappelle aussi d’un autre chef de milice afghan soutenu par les États-Unis qui avait fait d’un enfant son esclave sexuel en l’enchaînant à un lit. Et lorsque Quinn a décidé de se révolter et de se battre avec le tortionnaire, ses supérieurs ont décidé de le relever de son commandement.

Plusieurs années après, nous apprend le New York Times, l’armée américaine refuse de répondre à ces accusations, et continue de pousser ceux qui parlent vers la sortie. Le sergent Charles Martland, qui a aidé Dan Quinn à maîtriser le milicien afghan responsable de viol, pourrait être mis en retraite anticipée par ses supérieurs. 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte