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Des réfugiés sont logés à Dachau, dans l'ancien camp de concentration

Repéré par Véra Lou Derid, mis à jour le 21.09.2015 à 15 h 33

Repéré sur The Guardian

Un débat s'est engagé sur l'opportunité symbolique de mettre à disposition des migrants des lieux si chargés.

Des migrants arrivant à Munich, 15 septembre 2015, Michaela Rehle/Reuters

Des migrants arrivant à Munich, 15 septembre 2015, Michaela Rehle/Reuters

Dachau, 45.000 habitants, et, pour l'heure, 350 réfugiés. Pour des raisons de place et de disponibilité, certains d'entre eux sont logés dans le domaine de l'ancien camp de concentration, où plus de 40.000 personnes ont péri pendant la Seconde Guerre mondiale. C'est le cas, par exemple, d'Askan, dont le Guardian dresse le portrait. Ce jeune Afghan de 22 ans, qui a fui la tyrannie des Talibans, passe outre l'héritage historique du lieux, qu'il affirme mal connaître: 

«J'avais surtout besoin d'un toit au-dessus de ma tête», avance-t-il.

Les habitations mises à la disposition des réfugiés se trouvent notamment sur l'ancien «herb garden», situé en face du mémorial, une sorte de potager où des juifs détenus cultivaient des plantes médicinales ou comestibles pour la population allemande et la Wehrmacht. C'est précisément l'appropriation de ce jardin qui pose problème. Les tenants actuels du mémorial Dachau voudraient le voir sanctuarisé comme lieu de mémoire, quand certains membres de la ville s'opposent à cela, en réclamant des espaces pour ceux qui n'ont nul part où aller. 

Donner «un but social utile» à cet endroit

Selon Gabriele Hammermann, la directrice du mémorial du camp de concentration de Dachau, «héberger les réfugiés dans un endroit qui symbolise la torture et la mort» n'est pas un geste très «accueillant». Le mémorial comprend notamment une pierre commémorative comportant l'inscription «Pensez à comment nous sommes morts ici». Dachau est tristement célèbre pour les nombreux cas de tortures pratiqués par les nazis dans le cadre d'expérimentations médicales.

Dans un certain sens, la crise des réfugiés, c'est une chance de racheter cela

Peter Himmelsbach

À l'inverse, Florian Hartmann, le maire de la ville défend l'occupation de l'ancien «herb garden» et ses habitations destinées à des personnes qui ne peuvent pas avoir «des appartements aux tarifs du marché». Selon lui, cette démarche donne «un but social utile» à cet espace. 

Certains Allemands pensent que le souvenir de la Shoah joue un rôle dans la place qu'occupe leur pays dans l'accueil des réfugiés. Peter Himmelsbach, un jeune commerçant allemand de 28 ans qui visite Dachau pour la toute première fois, explique: 

«Ce [la Shoah] n'était pas notre faute, mais nos grands-parents y ont pris part. Dans un certain sens, la crise des réfugiés, c'est une chance de racheter cela. Mais, d'un autre côté, les gens attendent trop de nous à cause de notre passé.»

Dernièrement, la directrice du site mémorial de Dachau s'est prononcée en faveur d'un compromis. Une partie du site devrait rester résidentielle, quand l'autre sera consacrée à des expositions et à des colloques. L'organisation de l'«herb garden» sera décidée cet hiver après des négociations entre la ville de Dachau et son länder, la Bavière.

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