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Il faut regarder le discours de Viola Davis, première Noire à remporter un Emmy pour un rôle dramatique

Elle a notamment cité Harriet Tubman, la «Moïse noire», qui a combattu pour la liberté afro-américaine au XIXe siècle.

La 67e cérémonie des Emmy Awards, qui récompense la crème de la télévision américaine, vient récompenser pour la première fois dans son histoire une femme noire comme meilleure actrice dans un rôle dramatique. Viola Davis, actrice de 50 ans qui interprète le rôle d’une avocate et de professeur de droit manipulatrice dans la série How to Get Away with Murder, a donc mis fin à plus de soixante ans de silence dans la catégorie la plus prestigieuse de la cérémonie.

Pour Slate.com, le moment le plus fort était certainement le début de son discours, quand elle a cité Harriet Tubman, femme noire et ancienne esclave qui a combattu pour la liberté des afro-américains à la fin du XIXe siècle et au début du XXe:

«Dans mon esprit, je vois une ligne. Et au-delà de cette ligne, je vois des terrains verts, de magnifiques fleurs et de superbes femmes blanches qui me tendent leurs bras à travers cette ligne, mais je n’arrive pas à y aller. Je n’arrive pas à passer cette ligne.»

Lors de son discours de remerciement, elle a aussi tenu à saluer le travail de la productrice Shonda Rhimes, pour avoir «redéfini ce que voulait dire être belle, être sexy, être une femme de décision, être noire», tout en rappelant à Hollywood et aux grands networks américains le fossé qui subsistent pour les personnes de couleur dans ce milieu:

«La seule chose qui sépare les femmes de couleur de n'importe qui d'autre, ce sont les opportunités. (...) On ne peut pas gagner un Emmy pour des rôles qui n'existent pas.»

78% des personnages de femme à la télévision américaine étaient des femmes blanches

Toujours au cours de la soirée, le comédien Andy Samberg a justement pointé avec humour le manque de représentativité au sein des nominés. «Oui! Le racisme est fini! N’allez pas fact-checker ça.» Fact-checker, le site Quartz l’a fait. Lors de la saison 2014-2015, 78% des personnages de femme à la télévision américaine étaient des femmes blanches, contre 13% d’afro-américaines, 4% d’hispaniques et 4% d’asiatiques. Des chiffres qui n’ont rien à voir avec l’Amérique de 2015, puisque seule «63% de la population est blanche, hispaniques exclus», note le site.

La statuette accordée à Viola Davis était donc un premier pas important, mais le chemin sera encore long pour les actrices et acteurs afro-américains, qui attendent toujours que les studios leur tendent les bras. 

Pour le reste de la cérémonie, Game of Thrones a remporté quatre prix dans la catégorie série dramatique et Jon Hamm est reparti avec la statuette du meilleur acteur pour la dernière saison de Mad Men. Veep a triomphé  du côté des séries comiques.

Correction: une première version de cet article indiquait par erreur que 63% de la population n’était ni blanche, ni hispanique.

 

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