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Vaccins: faut-il punir les parents qui exposent volontairement leurs enfants à des maladies graves?

Vaccination à Marseille. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Vaccination à Marseille. REUTERS/Jean-Paul Pelissier

Le 17 septembre dernier les parents Larère comparaissaient (une nouvelle fois) devant le tribunal d’Auxerre. Lyonne.fr raconte: les époux Larère refusent, avec obstination de faire vacciner leur fille (aujourd’hui âgée de 4 ans) contre les trois maladies pour lesquelles l’immunisation est obligatoire: la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite.

Les parents Larère ont de la suite dans leurs idées. La première audience avait eu lieu le 9 octobre 2014. L’avocat de ce couple auxerrois, Me Emmanuel Ludot avait alors plaidé la question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Une demande jugée recevable par le tribunal. L’affaire avait été examinée en mars dernier par le Conseil Constitutionnel – qui avait alors rejeté la demande des parents et déclaré l’obligation vaccinale conforme à la Constitution.

Retour, donc, devant le tribunal correctionnel d’Auxerre. Le 17 septembre ils comparaissaient à nouveau pour «soustraction par un parent à ses obligations légales compromettant la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de son enfant». A ce titre  ils encourent jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

Epuisement des parents

Grégory Leroy, vice-procureur de la République d’Auxerre, a requis quatre mois d’emprisonnement avec sursis et 500€ d’amende contre ces deux parents. L’avocat de Samia et Marc Larère a plaidé la relaxe. Le jugement a été mis en délibéré au 29 octobre prochain.

Lyonne.fr nous rapporte précieusement la réaction de  Marc Larère à l’issue de l’audience:

« – Êtes-vous confiant après cette audience ? 

– Il n’y a pas de raison de ne pas être confiant, même si émotionnellement ce sont toujours des moments difficiles. On peut faire du blabla pendant des heures mais au final le résultat est toujours le même: le vaccin qu’on nous reproche de ne pas avoir donné à notre enfant n’existe pas. Je suis aussi là pour alerter mes concitoyens de cette situation.

– Les réquisitions du procureur ne vous inquiètent pas?

– Elles ne me réjouissent pas, mais il existe toujours des possibilités de recours et puis on ne me promet pas le goulag non plus. Nous avons la chance de vivre dans un pays démocratique où l’on peut croiser un petit peu le fer avec le système donc je ne suis pas pessimiste.

– Quelle sera la suite des choses pour vous après le délibéré?

– Et bien si je suis relaxé je vais me relaxer. Car je ne vous cache pas que ces moments sont épuisants. Et si une condamnation est prononcée nous réfléchirons aux suites à donner avec notre avocat.

Mauvais traitements

Accompagnés dans leur démarche, les deux parents ont reçu le soutien de plusieurs associations –dont «La Ligue Nationale pour le Liberté des Vaccinations».

Cette affaire a aussi été évoquée sur le site de L’Obs. On peut y lire des choses stupéfiantes, comme celle-ci:

«(…) Ne pas vacciner est considéré comme une forme de "maltraitance", et cela peut nuire à la sociabilisation de l’enfant, puisque l’inscription à l’école lui sera refusée à ses 6 ans (scolarité obligatoire). Les Lalère ont été dénoncés par un médecin. L’affaire paraît folle puisque leur petite L., aujourd’hui âgée de 3 ans, se porte très bien et n’est pas victime de mauvais traitements. Elle n’est juste pas immunisée contre des maladies potentielles (…)»

Ou:

«Il suffisait de regarder dans la salle d’audience. Derrière le banc du prévenu (son épouse étant absente car elle venait de donner naissance à leur troisième enfant), une petite foule d’une cinquantaine de personnes était présente. Venues de toute la France, elles se retrouvaient autour de leur peur des vaccins et étaient venues soutenir un couple "courageux"».

Séquelles post-tétaniques

Pour autant on ne saurait sous-estimer l’argumentaire des parents Larère. Ils affirment ne pas être opposés aux vaccins dans l’absolu. Mais ils expliquent ne pas pouvoir souscrire à l’obligation vaccinale car il leur est impossible de trouver les trois valences vaccinales obligatoires (et elles seules) dans les pharmacies d’officine. 

Ce n’est pas tout à fait exact: il existe, en pratique, une solution pour les parents qui souhaiteraient ne respecter que les obligations vaccinales. Il faut ici savoir que les enfants allergiques à la vaccination contre la coqueluche (à cause d’une hypersensibilité à l’un des constituants du vaccin) peuvent avoir accès au DTVax® (vaccin diphtérique et tétanique) associé à l’Imovax Polio®. Or le DTVax® n’est plus disponible (rupture de stock) depuis janvier. Néanmoins, une solution a donc été trouvée. Les explications qui nous ont été données par l’ANSM. Mais le produit est donc trouvable.

Et ces parents prennent délibérément le risque majeur d’exposer leur fille au risque de contracter la diphtérie, la poliomyélite et/ou le tétanos. Un risque bien réel comme l'a montré en juillet dernier le cas d’un enfant atteint de tétanos hospitalisé en réanimation à  Tours. 

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