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L'histoire du régiment de marines dans lequel le suicide se propage comme un virus

Proches d'anciens combattants morts en Irak et en Afghanistan au cimetière d'Arlington en Virginie,le 11 novembre 2012. REUTERS/Jonathan Ernst

Proches d'anciens combattants morts en Irak et en Afghanistan au cimetière d'Arlington en Virginie,le 11 novembre 2012. REUTERS/Jonathan Ernst

C'est l'histoire d'un régiment de marines américains, le septième régiment, deuxième Bataillon; ils furent déployés en Afghanistan en 2008. Les hommes qui allaient se battre étaient jeunes –certains n'avaient que 19 ans– inexpérimentés. Mais ils allaient mener une mission extrêmement difficile: pacifier un bastion Taliban de la taille de l'Etat du Massachusetts. Ils étaient 1.200. et en huit mois 20 moururent au combat, beaucoup furent blessés. D'autres se mirent à se suicider.

Dans une longue enquête qui leur est consacrée, le New York Times raconte que sept ans après cette mission le suicide se propage parmi les vétérans «comme un virus». Sur les 1.200 marines, au moins 13 se sont tués: «deux pendant qu'ils étaient en service, le reste après avoir quitté l'armée. Le taux de suicide qui en résulte pour le groupe est de près de quatre fois supérieur au taux chez les jeunes hommes vétérans, et 14 fois supérieur à celui des Américains en général».

Le quotidien américain précise: 

«Les morts ont commencé quelques mois après le retour des Marines de la guerre en Afghanistan. Un caporal a enfilé son uniforme et s'est tué dans l'allée de son garage. Un ancien sergent s'est tué devant sa compagne et sa mère. Un ancien sniper qui poussaient les autres à demander de l'aider pour guérir de leurs syndromes de stress post-traumatique s'est tué alors qu'il était seul dans son appartement.»

Les membres de cet ancien régiment se sentent délaissés; les autorités, précise le quotidien, n'étaient même pas au courant du taux de suicide de cette unité. Ils se sont donc soudés via les réseaux sociaux, et en mettant en place des systèmes d'écoutes et d'entraides entre eux, pour surveiller ceux qui vont le plus mal, et les secourir. 

Mais voir les autres se suicider les fragilise encore davantage. M. Bojorque, l'un des vétérans de cette unité, raconte sa tentative de suicide ratée. C'était en 2012 et il venait d'apprendre que l'un de ses mentors, un homme qui faisait des blagues pendant les combats, en Afghanistan, venait de se suicider. Alors Bojorque s'est dit «Si même lui n'a pas pu s'en sortir, comment moi je pourrais?» Et il a appuyé sur la gâchette. 

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