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Crise migratoire: à quoi ressemblera l'Allemagne en 2017?

Des enfants dans un camp de réfugiés près de Hambourg le 18 septembre 2015 (REUTERS/Fabian Bimmer)

Des enfants dans un camp de réfugiés près de Hambourg le 18 septembre 2015 (REUTERS/Fabian Bimmer)

Le quotidien Die Welt a imaginé deux scénarios en réponse à l'afflux de réfugiés.

Un exercice de «journalisme d'anticipation». Alors que le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble vient d'annoncer vouloir économiser 2,5 milliards d'euros sur le budget 2016 de manière à pouvoir dégager neuf milliards d'euros pour surmonter la crise des réfugiés, comme le rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel, le quotidien Die Welt se demande à quoi ressembleront l'Allemagne et l'Europe à l'horizon 2017:

«Pour les réfugiés, c'est clair: l'Allemagne leur promet un avenir merveilleux. Mais la république fédérale maîtrise-t-elle vraiment le flot de réfugiés?»

Le quotidien imagine deux scénarios possibles, sans toutefois se soucier de la situation des réfugiés sur place et de leurs perspectives d'intégration. Dans le premier, l'Allemagne réussit à endiguer cette immigration massive en créant une loi:

«Angela Merkel force les opposants à une réforme du droit d'asile à prendre position: voulez-vous le chaos ou un droit d'asile qui soit gérable?, imagine Die Welt. Après de vifs débats, la majorité des Verts vote ensuite pour une réforme de la procédure de demande d'asile, qui comporte une liste allongée de pays d'origine sûrs. La majorité se prononce donc pour la loi à la fois au Bundestag et au Conseil fédéral.»

Un tournant semblable à celui de 1989

Le quotidien suppose également que la chancelière allemande et son homologue français François Hollande relèveront ce défi main dans la main en défendant ensemble au Conseil européen l'instauration d'une loi sur l'asile commune aux États membres de l'UE, qui entrera en vigueur début 2016:

«La détermination avec laquelle l'Union européenne a réagi vis-à-vis de la première vague de réfugiés a coupé l'herbe sous le pied du populisme et de l'extrémisme politique.»

Die Welt compare ce «tournant» à celui de 1989:

«De la même manière qu'Helmut Kohl, grâce à la vague de réfugiés d'ex-RDA, a pu dire en 1989 aux Européens “nous, la République fédérale, sommes directement concernés, et si nous ne négocions pas maintenant, l'Europe centrale va être déstabilisée”, Angela Merkel a pu dire “ l'Allemagne est directement concernée, si nous ne négocions pas, l'Europe va devenir instable, c'est pourquoi nous devons maintenant négocier

Altercations entre milices chrétiennes et salafistes

Dans le second scénario, l'Allemagne a échoué à maîtriser l'afflux de réfugiés. Mi-2017, le nombre de migrants arrivés dans le pays a atteint 2,5 millions de personnes. Cette situation a fait le lit de l'extrémisme. Die Welt imagine le parti eurosceptique AfD se profiler lors des élections au Bundestag de 2017, renforcé par l'interdiction récente du parti néonazi NPD. 

Il pourrait remporter 15% des voix aux élections fédérales. Pas avare de projections alarmistes, le quotidien imagine «une paralysie du secteur social et des soins médicaux, de l'éducation et du marché sur travail» et des «altercations entre d'anciens membres des milices chrétiennes syriennes et les salafistes locaux dans les banlieues d'Hambourg, de Berlin et de Cologne».

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