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Les Rage Against the Machine auraient-ils prédit la candidature de Donald Trump?

RATM en 2010. Crédit: Andrea Comas/REUTERS

RATM en 2010. Crédit: Andrea Comas/REUTERS

La pancarte est glissée dans une vidéo d’un clip du groupe Rage against the Machine, où l’on voit un homme brandir ces mots, comme l'a repéré un internaute: «Trump for President», du nom du candidat à l’investiture républicaine Donald Trump, l’un des favoris de la course à la présidentielle américaine de 2016. Une vidéo de 2015? Impossible, le groupe s’est séparé en 2000. Non, la vidéo a bien plus de 15 ans: il s’agit du clip de Sleep Now in the Fire, un single datant de 1999.

Il n’en fallait pas plus pour que tout le monde crie au génie visionnaire des «Rage», comme les appellent leurs fans. Oui, les Rage étaient visionnaires. Altermondialistes avant tout le monde, dénonçant les excès de Wall Street avant la crise des subprimes ou le racisme envers les musulmans avant le 11-Septembre 2001, leurs paroles d’énervés qui dénoncent les inégalités résonnent étrangement avec notre monde actuel.

La bourse de New York évacuée à cause de RATM

Mais nous allons décevoir les fans qui voyaient dans cette pancarte un symbole de plus de l’excellente capacité d’anticipation de RATM. L’homme qui tient la pancarte est tout simplement en train d’encourager Donald Trump... parce qu’il était à cette époque réellement candidat à la primaire de son parti pour l’élection présidentielle de 2000. Comme le raconte un vieil article de CNN, Trump a rejoint le parti de la réforme en octobre 1999, et s’est très vite présenté comme candidat aux primaires pour l’élection présidentielle de 2000. Mais il a jeté l’éponge quelques mois plus tard, après avoir déclaré que le parti de la réforme était un «foutu bordel». L’homme que l’on voit sur la vidéo est donc tout simplement en train de soutenir le candidat de son parti.

Mais vous n'aurez tout de même pas cliqué sur cet article pour rien. Car la vidéo en elle-même et son histoire sont beaucoup plus intéressantes que cette simple pancarte. Une partie de ses images a en effet été tournée en janvier 2000 autour de Wall street, en face du Federal Hall, par le réalisateur Michael Moore, alors que le groupe protestait contre la finance. Il y avait tellement de gens à ce concert - y compris des employés de Wall Street - que la bourse de New York a dû fermer ses portes deux heures plus tôt, ce qui n’était pas arrivé depuis 1929, comme le raconte un biographe du groupe. Une préfiguration avortée d'Occupy Wall Street dix ans avant l’heure, en somme. «Fuck you, I won't do what you tell me! Fuck you, I won't do what you tell me! Fuck you, I won't do what you tell me!»

 

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