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Comment Instagram aide des jeunes filles à sortir de l'anorexie

Capture d'écran du compte Instagram Balancednotclean

Capture d'écran du compte Instagram Balancednotclean

Toute une communauté en rémission se sert du réseau social pour s'entraider et vaincre sa phobie de la nourriture. Au risque de se détourner parfois d'une aide médicalisée.

Ashleigh Ponder a été diagnostiquée anorexique à l'âge de 13 ans. C'est son portrait que dresse le site américain BuzzFeed, expliquant qu'elle fait partie de ces jeunes filles qui se sont servies d'Instagram pour sortir progressivement de l'anorexie.

Après avoir rencontré sur Internet des contenus pro-ana, le mouvement qui porte aux nues l'anorexie, Ashleigh va entrer dans une communauté de jeunes filles en rémission de troubles alimentaires. Elle se crée pour cela un second compte Instgram, le «balancednotclean» et commence à y mettre des «posts» de ses repas. 

#BeatAna

Ce type de compte est un moyen pour les jeunes filles de recenser tout ce qu'elles mangent. Certaines y mettent des photos de nourriture grasse et d'autres se concentrent sur l'esthétique de la photo, sur sa bonne présentation. Certaines font encore un «collage» à la fin de la journée, compilant tout ce qu'elles ont mangé. Une sorte d'inventaire interactif où elles communiquent avec des semblables et se témoignent leur soutien. Les hashtags les plus récurrents sont «#BeatAna» ou «#PlantBased», pour celles qui s'attreignent à des régimes à base de plantes. 

Selon les témoignages des jeunes filles interviewées par Buzzfeed, cette technique de rémission se popularise car elle ouvre considérablement le champ d'entraide des jeunes anorexiques, qui se limitait jusqu'alors au circuit médical. Elles peuvent à présent converser avec des jeunes filles qui souffrent des mêmes troubles.

Sur Instagram, tout le monde s'encourage dans sa rémission, qui que l'on soit et d'où que nous venions

Frey Smith

Échapper au circuit médical

Les causes parfois indéfinies de l'anorexie (le National Disorder Association précise tout de même que 30% des anorexiques ont vécu un ou des abus sexuels) font que beaucoup de jeunes femmes sont dans l'incapacité de réellement exprimer leur mal-être. Frey Smith, une jeune fille de 16 ans originaire de Cambridge, fait référence à des traumas infantiles sans que l'on apprenne précisément de quoi il retourne. 

«Parfois certaines personnes n'obtiennent pas le soutien dont ils ont besoin parce qu'ils ne sont pas compris [...] Mais ici [sur Instagram], tout le monde s'encourage dans sa rémission, qui que l'on soit et d'où que nous venions.»

Deanne Jade, la fondatrice du National Centre for Eating Disorders, s'inquiète en revanche de ces communautés qui s'organisent entre elles et, surtout, qui s'autodia-gnostiquent. Elle dit avoir déjà vu sur des pages Facebook comparables, des messages poussant à échapper à une prise en charge médicale. Selon elle, ces réseaux sont ceux de personnes «malades» qui encouragent à l'orthorexie, cette pratique qui consiste à manifester une attention obsessionnelle à la qualité de la nourriture que l'on ingère. 

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