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L’air pollué tue 3,3 millions de personnes chaque année

Le 21 novembre 2014 à Shenyang, Liaoning en Chine REUTERS/Jacky Chen

Le 21 novembre 2014 à Shenyang, Liaoning en Chine REUTERS/Jacky Chen

Et si rien n’est fait, ce chiffre pourrait doubler d'ici 2050.

Une équipe de chercheurs internationaux vient de jeter un froid dans le monde de la science environnementale. Ce, avec une simple publication dans le journal Nature. Associated Press, qui relaie l’étude, explique que de nouvelles données montrent que l’air que nous respirons tue 3,3 millions de personnes chaque année dans le monde. C’est plus que le HIV ou la malaria réunis. 75% de ces personnes décédées à cause de l’air pollué auraient perdu la vie à la suite de crises cardiaques.

«Près de 6% des décès dans le monde chaque année arrivent prématurément à cause d’une exposition à la pollution de l’air, explique à AP Jason West, professeur à l’université de North Carolina, spécialiste des sciences environnementales, et partisan de cette nouvelle étude. Ce nombre est plus élevé que ce que les experts pensaient il y a dix ans de cela.»

Pollution agricole aux États-Unis

Et c’est la Chine qui souffre le plus, avec 1,4 millions de décès par an, suivi de près par l’Inde (645.000) et le Pakistan (110.000). Mais si en Asie, c’est l’urbanisation galopante et la mise en place de «mégacités» qui est à l’origine de ces morts, des pays comme les États-Unis doivent regarder du côté de leur pratiques agricoles. Le site Mother Jones souligne que «l’ammoniac [utilisé dans les fertilisants] et les déchets animaux, combinés aux produits chimiques venant des centrales et des pots d’échappement des véhicules, ont créé un nuage de pollution dans les villes américaines.» Ces émissions agricoles, dont on parle peu, sont de plus en plus importantes mais ne sont toujours pas régulés.

Des statistiques sous-évaluées

Les grandes mégalopoles américaines et chinoises ont fait part de leur volonté de faire des efforts en matières d’émissions de carbone d’ici 2030, ce qui laisse sceptique de nombreux spécialistes. 

«L’administration américaine d’information sur l’énergie vient de dire que la Chine a utilisé plus de charbon qu’on ne le pensait, écrit Mother Jones. Selon les statistiques officielles chinoises, la consommation du pays entre 2000 et 2013 était en fait 14% plus importante que ce que nous pensions jusque-là.»

S’il est difficile de croire que les plus grands pollueurs mondiaux vont mettre en place de vraies mesures préventives, l’urgence de la situation ne doit plus laisser de place à l’hésitation: les auteurs de l’étude estime que, si la situation ne change pas, le nombre de morts dues à la pollution de l’air devrait doubler d’ici 2050 et atteindre le nombre dramatique de 6,6 millions de décès. 

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