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L'Église punit les prêtres accusés d'abus sexuels en les transférant en Amérique Latine

Photos de victimes d'abus sexuels par des prêtres (REUTERS/Dylan Martinez)

Photos de victimes d'abus sexuels par des prêtres (REUTERS/Dylan Martinez)

Sur place, certains sont soupçonnés de nouveaux abus.

Dans une longue enquête, le site GlobalPost a suivi les trajectoires de cinq prêtres accusés d'abus sexuels sur des enfants aux États-Unis et en Europe. Plusieurs ont admis les faits, et dans certains cas, ils faisaient l'objet d'enquêtes criminelles, mais plutôt que de les mettre hors de nuire, la hiérarchie de l'Église catholique les a transférés dans des paroisses en Amérique Latine.

Pour David Clohessy, le porte parole d'un réseau de victimes de prêtres, il s'agit d'une nouvelle stratégie de l'Église pour éviter de se confronter au problème des abus sexuels: 

«Alors que dans les pays développés, la hiérarchie a du mal à continuer de faire travailler les prêtres prédateurs sexuels, les évêques les déplacent de plus en plus vers les pays en voie de développement, où les lois sont moins appliquées, où il y a moins de médias indépendants, et où les prêtres ont plus de pouvoir sur les paroissiens.»

De nouveaux soupçons d'abus

Au Paraguay, le journaliste Will Carless a notamment retrouvé le père Carlos Urrutigoity, accusé d'avoir agressé sexuellement des garçons en Pennsylvanie. L'évêque de la ville de Scranton l'avait qualifié de «sérieuse menace pour les jeunes», mais il dirige désormais le diocèse de Ciudad del Este.

Le père Francisco Montero, accusé d'agression sexuelle sur une fille de 4 ans dans le Minnesota, est désormais prêtre dans des paroisses d'Équateur. Quant au père Paul Madden, après avoir admis une agression sexuelle sur un garçon de 13 ans lors d'un voyage en Irlande dans les années 1970, il exerce désormais dans le diocèse de Chimbote au Pérou. 

Les plus gros problèmes sont dans des pays éloignés, en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie

Certains de ces prêtres ont de nouveau eu des problèmes avec les autorités. C'est notamment le cas du père Jan Van Dael, qui avait été accusé d'abus sexuels en Belgique, avant de s'installer au Brésil pour fonder un orphelinat. Une enquête vient d'être ouverte contre lui pour abus sexuels au Brésil.  

Quant au père Federico Fernandez Baeza, qui avait été poursuivi pour viol au Texas (la famille d'une des victimes a obtenu plus d'un million de dollars en dédommagement de la part du diocèse), il a désormais un poste très haut placé dans une université catholique de Colombie. 

Pas de réponse du Vatican

Le pape François dit prôner la «tolérance zéro» à l'égard des abus sexuels au sein de l'Église, mais aucun porte-parole du Vatican n'a souhaité parler au journaliste du GlobalPost de ce sujet.

Pour Peter Sanders qui a été nommé par le pape François pour diriger la commission sur la protection des enfants dans l'Eglise, la tolérance zéro doit s'appliquer à toute l'institution: 

«Les plus gros problèmes sont dans des pays éloignés, en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Nous savons que c'est là que de nombreux prêtres fuient pour continuer leurs abus sexuels. C'est un scandale.»

 

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