Culture

Pourquoi les jeunes Américains font de moins en moins la fête

Temps de lecture : 2 min

Girl Talk at JellyNYC's Pool Party (August 23rd, 2009)/a> | Amanda Hatfield Flickr CC License by

Les jeunes Américains font de moins en moins la fête. C'est en tout cas la thèse du New York Times, qui a scrupuleusement compilé les résultats de différentes études réalisées ces dernières années.

Aujourd'hui, 41,3% des jeunes finissant leur lycée n'ont jamais assisté à une fête. Ils n'étaient que 11,6% en 1987, d'après une étude de l'Université de Californie. A la fin des années Reagan, un tiers des jeunes passait plus de 6 heures par semaine à se retrouver en groupe; ils ne sont plus que 10,7% sous Obama.

L'article souligne la responsabilité des réseaux sociaux dans cette distension des liens, mais ne s'y limite pas. La précarisation des jeunes est aussi pointée du doigt, ainsi que l'avènement d'un mode de vie trop cher, que l'on pourrait qualifier d'hipster, fait d'alcool de qualité et de «crackers sans gluten», difficilement soutenable pour des jeunes gens.

Les témoignages des jeunes Américains montrent que les grosses soirées sont aujourd'hui associées à des événements particuliers comme «Halloween» ou «le 31». Le reste du temps, il est difficile de fédérer les gens autour d'une date, chacun ayant sa propre communauté, son univers individuel en ligne. L'extraordinaire médiation qu'offre les réseaux sociaux donne aussi la possibilité de constamment se réorganiser et de ne jamais dire les choses en face à son interlocuteur. Mitchell Friedman, un jeune homme de 24 ans qui vit à Brooklyn, affirme au quotidien:

«Je me vois déjà organiser une grosse fête, invitant tout un paquet de gens et comptant ceux qui se sont mis en "attending", avant de recevoir de chacun d'eux, les uns après les autres, ce soir-là, un texto disant que finalement, ils sont trop fatigués pour venir. Les textos, ça permet de se dégonfler facilement.»

Une certaine démotivation existe aussi désormais dans la drague. Cela a-t-il vraiment un sens de se rendre à une fête dans l'espoir de draguer quelqu'un si vous pouvez trouver un(e) partenaire rapidement en chattant ? Une phrase de l'écrivain américain David Foster Wallace datant de 1996 résonne aujourd'hui étonnement fort: «Ca va devenir de plus en plus facile, pratique et agréable d'être seul avec des images sur un écran.»

Serait-on en train de céder au «c'était mieux avant»? Christopher Bollen, romancier de 39 ans qui est arrivé à New York en 1996, confie: «Quand j'étais jeune, tu avais toujours ce mec odieux dans un coin pour t'en rebattre les oreilles sur le début des années 1980.»

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