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Eurobasket: l'Espagne, le méchant dont la France avait besoin

Sergio Llull et Boris Diaw, lors de la Coupe du monde de basket 2014. REUTERS/Juan Medina

Sergio Llull et Boris Diaw, lors de la Coupe du monde de basket 2014. REUTERS/Juan Medina

Les Français affrontent leur meilleur ennemi, ce jeudi, en demi-finale de l'Eurobasket

L'équipe de France de basketball affronte à nouveau l'Espagne, ce mercredi 17 août 2016, en quart de finale des JO. En septembre 2015, nous nous interrogions sur la rivalité entre ces deux nations dans ce sport.

La France affronte l’Espagne en demi-finale de «son» Euro de basket, ce jeudi 17 juin à 21 heures à Lille. Trois choses sont en jeu: une place en finale, la qualification pour les Jeux olympiques de Rio en 2016 et l’honneur du pays.

Je crois que je parle au nom de tous les fans de basket français en disant que s’il y a une équipe contre qui il est insupportable, inconcevable de perdre, c’est l’Espagne. L'Espagne, c'est l'Angleterre des fans de rugby ou l'Allemagne de mes parents pour le foot.

L'Equipe a d'ailleurs interrogé plusieurs supporters pour connaître les raisons de cette animosité et savoir pourquoi nous aimons tant détester l'Espagne, ce pays qui nous a pourri tant de compétitions pendant tant d’années —et qui a volé son Euro à l’équipe de France féminine, en 2013— et que les Bleus ont battu coup sur coup en finale du dernier Euro, puis en quarts de finale de la Coupe du monde, l’année dernière.

Après tant d’années à évoluer dans l’ombre de ce qui était peut-être la plus belle équipe européenne de l’histoire, la France a pris sa revanche. D’autant que pendant toutes ces années de souffrances, les Espagnols n’ont jamais fait de cadeaux. 20 points d'écart en huitièmes de l’Euro 2009, puis 13 –seulement– en finale du championnat d’Europe 2011, et sept en quarts de finale des JO 2012.

Quand ils commencé à sentir le vent tourner (aux JO de 2012), ces Espagnols sont devenus encore plus hargneux, encore plus injouables, encore plus tricheurs. Alors, à défaut de titre et de médaille olympique, on avait pris notre pied quand Nicolas Batum s’en était allé en mettre une à Juan Carlos Navarro.

 

«J'ai demandé à Nicolas Batum pourquoi il avait frappé Juan Carlos Navarro au niveau de l'aine. "Je voulais lui donner une bonne raison de flopper [simuler au basket, ndlr]", a-t-il répondu.»

Les Français adorent détester les Espagnols en matière de sport, particulièrement quand ils choisissent de l’ouvrir un peu trop. En 2006, le quotidien sportif Marca avait annoncé de manière prématurée la retraite de Zinédine Zidane à l’issue du huitième de finale de la Coupe du monde. Résultat final: France 3 - Espagne 1. Huit ans plus tard, le même journal remettait ça en basket en annonçant: «Ecrasez-les». Résultat final: France 65 - Espagne 52.

On aurait pu se dire qu’après leurs deux dernières défaites —et plus particulièrement depuis la dernière, en Coupe du monde, devant leur public, alors que tout le monde attendait déjà une finale superbe face aux Etats-Unis, et où les Espagnols avaient été humiliés par une équipe de France sans Parker— les joueurs de Sergio Scariolo se seraient un peu calmés, qu’ils auraient choisi l’humilité, qu’ils auraient tranquillement attendu une équipe de France qui se voyait déjà championne d’Europe chez elle. Même pas. Les Espagnols –et leur génial intérieur Pau Gasol en tête– en ont remis une couche à l'issue de leur qualification lors du tour précédent, face à la Grèce.

«Maintenant, faut se préparer à battre la France ici, chez eux. On va leur faire fermer leur putain de bouche.»

Et au final, c’est peut être mieux comme ça. Si la France perd —ce qui n’arrivera pas, bien sûr— on pourra continuer à haïr les Espagnols en paix, et supporter la Lituanie ou la Serbie pour que le trophée ne file pas de l’autre côté des Pyrénées. Si elle gagne, je ne vous laisse même pas imaginer notre bonheur à tous. Trois victoires de suite en phase éliminatoire d’une compétition majeure, une qualification pour les JO et une finale à jouer à la maison. Le tout en renvoyant l’Espagne chez elle, sans l’assurance de partir à Rio l'année prochaine.

En fait, comme pour n’importe quel bon film, il faut un bon méchant. Et les Espagnols jouent ce rôle à la perfection. Tony Parker le résumait très bien dans l'Intérieur Sport consacré à la victoire des Français lors de l'Eurobasket 2013:

 

«C'est l'équipe qui nous a barrés pendant longtemps. C'est ça qui est beau dans notre histoire. L'Espagne nous a poussés à devenir une meilleure équipe.»

Ne reste plus qu’à espérer que, comme dans n’importe quel bon film, le gentil l’emportera à la fin.

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