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Les habitants de Damas vivent au milieu des bombes et des trafics, la peur au ventre

Une rue de Douma à Damas, le 16 juin dernier, après un bombardement réalisé par l'armée de Bachar al-Assad. REUTERS/Bassam Khabieh

Une rue de Douma à Damas, le 16 juin dernier, après un bombardement réalisé par l'armée de Bachar al-Assad. REUTERS/Bassam Khabieh

Pendant que la Syrie se vide peu à peu, des millions de personnes ayant déjà fui le pays, ceux qui ont décidé de rester vivent un enfer.

«La Syrie se vide», écrit le Washington Post. Et effectivement, les chiffres sont sans équivoque. Sur les 381.000 réfugiés qui sont venus chercher l’asile en Europe depuis janvier, la moitié sont Syriens. Pour le seul mois de juillet, rapporte le journal, 78% des personnes arrivées sur les plages grecques venaient de Syrie. En tout, ils sont quatre millions à avoir fui la guerre

«Tout le monde est en train de partir, explique Mohammed, réfugié de 30 ans interrogé par le journal américain. C’est comme si toute la Syrie était en train de se vider.»

Mais au-delà des réfugiés, dont le nombre augmente chaque jour, beaucoup de familles restent en Syrie, souvent des femmes et des enfants dont les maris sont partis en amont chercher une terre d’asile en Europe. La guerre a déjà fait 250.000 morts depuis 2011, et pour les survivants, le quotidien est un véritable «enfer», que décrit le New York Times dans un long papier.

«La marche [vers les refuges], écrit le quotidien, fait partie du quotidien surréaliste décrit par la fraction de résidents vivant encore à Douma [quartier de Damas]: faire ses courses dans des rues à moitié détruites, enlever ses ordures, s’occuper des nombreux morts.»

La Douma, cible d'al-Assad

Lundi 16 août, des frappes aériennes ont par exemple fait 122 morts, lors d’une attaque contre un marché végétarien. Et là aussi les chiffres sont terrifiants: plus de 80% des membres de cette communauté de Douma auraient déjà fui le quartier, selon les urgentistes travaillant sur place. Depuis début août, la moitié des habitants restants sont également partis, et 550 personnes, dont 123 enfants, ont perdu la vie.

Ce quartier pauvre n’est pas frappé par hasard par l’armée de Bachar al-Assad. Il a été l’un des premiers à se soulever contre le gouvernement, et fait office de place forte pour l’Armée de l’Islam, un groupe d’insurgés islamistes, et la branche d’Al-Qaida dans le pays, le front al-Nosra.

«Mais ce ne sont pas que les bombardements qui affectent la vie dans Douma, écrit le New York Times. Des années de blocus ont forcé les résidents à dépendre de tunnels et de contrebandiers pour les produits de la vie quotidienne. Les associations humanitaires sont largement bloquées, et peu de gens peuvent en y rentrer ou en sortir.»

Et même quand la vie devient insupportable, les habitants tentés par la fuite doivent encore passer entre les mailles du filet des trafiquants et du gouvernement, qui ne rechignent pas à piocher dans les revenus de contrebande et à tout faire pour empêcher leur exil.

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