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Une ville d'Alabama veut interdire baggys, robes courtes et mini-jupes

Cute Boy Shooting New Series |vanessa_hutd via Flickr CC License by

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Le conseiller municipal de Dadeville à l'origine de cette idée invoque Dieu pour se faire entendre.

Les habitants de Dadeville, petite ville d'un peu plus de 3.000 habitants en Alabama dans le sud des États-Unis, vont-ils bientôt devoir remonter leurs pantalons pour qu'on ne voit pas leur caleçon? Le conseil municipal de la commune est en tout cas parti en croisade, comme le rapporte The Independent

«Il s'agit de respect, déclarait fin août Frank Goodman. Qui pourrait vous respecter si vous ne vous respectez pas vous-même? Je m'en prends à ce problème parce que je pense que les gens ont droit au respect quand ils sont dans l'espace public [...] Je pense que le fait d'être négligé est irrespectueux. Ça donne à nos jeunes générations une mauvaise impression de ce qui est “cool”.»

Pour l'aider dans sa «croisade», ce conseiller municipal âgé de 66 ans, compte sur un appui de poids. 

«J'ai prié à ce sujet. Je sais que Dieu ne se baladerait pas avec un pantalon qui tombe.»

Ça se défend. 

Ne pas faire de favoritisme hommes-femmes

Non, sans rire, au-delà de l'aspect farce de cette histoire relayée par la presse anglo-saxonne, le plus étonnant reste que la proposition de Frank Goodman trouve un certain écho local. Jeudi 10 septembre, une autre conseillère municipale de Dadeville, Stéphanie Kelley, demandait que l'interdiction s'étende aux jupes et aux robes courtes, ainsi qu'aux shorts. Le Daily Beast cite ses propos: 

«Nous voulons juste nous assurer que les gens sont décents. Quand vous portez des shorts ou des jupes très courtes qui ne laissent rien à l'imagination... C'est comme si vous passiez une annonce.»

Ces déclarations ne sont pas pour plaire à tout le monde. Une riveraine a, par exemple, écrit sur la page Facebook du journal local combien cette histoire était «une grosse blague» et «faisait rire» à travers le pays. 

Pourtant, cette interdiction ne serait pas la première. Les villes d'Albany, Hampton and Hahira en Géorgie; la commune de Wildwood, dans le New Jersey ou de Pikeville dans le Tennessee ont déjà pris des mesures similaires contre les pantalons taille basse. De même, en 2013, la paroisse de Jefferson Davis en Louisiane votait une interdiction des baggys avec à la clé une amende de 50 dollars (44 euros) pour une première infraction, qui passait à 100 dollars (88 euros) en cas de récidive. 

Une mesure raciste?

À l'inverse, l'antenne locale de la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) de la ville d'Ocala en Floride, a réussi à stopper une telle décision en menaçant de poursuivre la ville pour l'instauration d'une loi qui visait de manière détournée la communauté noire. 

À New York, un policier qui avait mis une amende à un homme qui portait son pantalon très en-dessous de la ceinture avait, lui, été débouté en 2010 par la justice. «Cette façon de s'habiller relève du mauvais goût, mais cela n'est pas illégal», avait précisé le juge.

En ce qui concerne l'Alabama, Frank Goodman a l'air prêt à aller au bout. Il a confirmé au Daily Beast son projet de loi, qui devrait être soumis au vote au prochain conseil, avant d'ajouter: 

«Remonte ton pantalon [...] comme ça tu n'auras pas d'amende. Commence par mettre une ceinture et à t'acheter un pantalon à ta taille.»

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