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Inventé il y a un siècle, le blindé a connu des débuts difficiles

«Little Willie» by Andrew Skudder - Flickr. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Commons

«Little Willie» by Andrew Skudder - Flickr. Licensed under CC BY-SA 2.0 via Commons

Le «Little Willie» anglais a certes surpris les Allemands, mais la répétition d'ennuis mécaniques l'a empêché de jouer un rôle décisif dès 1915.

Il avait été baptisé «Little Willie», allusion moqueuse au prince héritier prussien Wilhelm von Hohenzollern. Le 9 septembre 1915, l'armée britannique s’enorgueillissait de posséder le tout premier véhicule blindé au monde en état de marche, rappelle l'hebdomadaire allemand Der Spiegel. Quelques mois plus tôt, Winston Churchill avait commandité la construction d'un «navire terrestre», c'est-à-dire d'un véhicule blindé qui puisse se déplacer dans la mer de tranchées dans laquelle s'était alors enlisée la Première Guerre mondiale.

Nom de code du projet: «Tank», une ruse destinée à faire croire aux espions allemands qu'il s'agissait d'un véhicule conçu pour ravitailler les troupes en eau, le mot «tank» signifiant citerne aussi bien en anglais qu'en allemand.

Moteurs en panne, chenilles qui sautent...

Un an plus tard, l'armée britannique lança ses chars de combat sur les troupes allemandes stationnées dans la Somme lors de la bataille de Flers-Courcelette:

«Dans leur désespoir, les soldats allemands firent feu avec leurs fusils sur les véhicules de combat ennemis. Les tirs ne faisaient que ricocher. Ils essayèrent ensuite de vaincre au pistolet le colosse de métal. Ils grimpèrent sur les blindés et tirèrent sur les hublots et les trous. Ils firent exploser quelques engins en jetant des grenades sur les réservoirs d'essence.»

Mais malgré leur arrivée fracassante, les blindés montés sur des châssis à chenilles ne permirent pas aux troupes britanniques de réaliser la grande avancée escomptée sur le front. «Ce qui était en grande partie lié aux blindés», écrit Der Spiegel:

«Seuls 35 des 49 véhicules de combat qui avaient été mobilisés parvinrent à atteindre le front, les autres étant restés bloqués en chemin. Les moteurs tombèrent en panne, les chenilles sautèrent ou les véhicules, qui pesaient plus de 20 tonnes, s'enlisèrent dans la boue.»

Puis vint le «Big Willie»

Bien qu'il ait été conçu pour dépasser des obstacles de 1,5 mètre, ce qui correspondait à la profondeur moyenne des tranchées allemandes, le «Little Willie» perdait ses chenilles dès que la manœuvre était menée de manière trop abrupte. Et se révéla obsolète une fois le problème réglé: entre-temps, les Allemands s'étaient mis à creuser des tranchées de 2 mètres de profondeur...

Les Britanniques ripostèrent avec un nouveau prototype, le «Big Willie», doté de chenilles aussi longues que la caisse du véhicule et qui sera finalement baptisé «Mark I». Bien plus stable et robuste que son prédécesseur, le Mark I sera une source d'inspiration pour les Allemands, qui riposteront en 1940 avec une armée de blindés, même si ceux-ci étaient alors très rudimentaires comparés à ceux des Alliés, comme l'expliquait le quotidien Die Welt il y a quelques mois:

«Les modèles Panzer I et Panzer II étaient en fait des véhicules d'exercice, tout au mieux des solutions de fortune. Leur blindage avait une épaisseur maximale comprise entre 13 et 14,5 millimètres, ils étaient équipés de mitraillettes. […] Même les Panzer III et IV n'étaient pas particulièrement sûrs avec leur blindage de 30 millimètres et […] équipés d'un armement peu efficace.»

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