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Le secret de la longévité se cache peut-être chez les fumeurs longue durée

smoke | Boby via Flickr CC License by

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Les fumeurs qui parviennent à vivre très longtemps seraient dotés d'un patrimoine génétique rare.

Jeanne Calment, doyenne des Français à partir de 1986 et doyenne de l'humanité à partir de 1989 jusqu'à sa mort, à l'âge de 122 ans, était connue pour son goût pour le chocolat, pour la bicyclette et pour... La cigarette. La rumeur dit même qu'elle n’a arrêté à 117 ans que parce qu’elle ne voyait plus assez clair pour pouvoir l'allumer.

Elle n'est pas la seule. Buster Martin, «le plus vieux travailleur anglais», décédé en 2011 à l'âge de 104 ans, attribuait sa longévité à une combinaison d'alcool, de tabac et de «bonne viande rouge». Dorothy Howe, qui a fêté son centième anniversaire en 2013, se vante elle aussi de boire du whisky et de fumer quotidiennement une quinzaine de cigarettes.

Six millions de morts chaque année

Ce qui ne pourrait être qu'une poignée d'exceptions qui confirment la règle (l'effrayante règle de la consommation de tabac qui tue chaque année 6 millions de personnes) pourrait revêtir un intérêt scientifique.

Dans une étude publiée le 9 septembre dans le Journal de la gérontologie, des chercheurs ont étudié le patrimoine génétique des fumeurs «longue durée» et constaté que leur survie est peut-être dûe à une résilience innée de leur organisme.

Morgan E. Levine, post-doctorant en génétique humaine et biostatistique à l'université de Californie, et Eileen Crimmins, professeur en gérontologie à l'université de Californie du sud, ont découvert une série de marqueurs génétiques présents chez ces fumeurs qui leur permettraient de mieux résister et d'atténuer les dommages liés au tabac.

«Il existe des preuves que ces gènes peuvent faciliter l'allongement de la durée de vie en augmentant l'entretien et la réparation cellulaire», déclare Morgan E. Levine dans le Washington Post

Un test de probabilité à venir

Pour leur étude, les chercheurs ont comparé les données de 90 fumeurs qui ont vécu plus de quatre-vingts ans et celles de 730 fumeurs qui ont vécu moins de soixante-dix ans. Ils ont trouvé que ceux du groupe de quatre-vingts ans et plus avaient des caractéristiques physiologiques similaires (au niveau des réactions de l'inflammation, de la pression sanguine, des fonctions immutaires) aux non-fumeurs du même âge. Au contraire des fumeurs morts plus jeunes, dont l'état des fonctions physiologiques était plus dégradé. 

La proportion de personnes ayant une signature génétique qui aiderait à faire face est extrêmement faible

Malgré la petite taille de l'échantillon de fumeurs, les chercheurs disent avoir suffisamment d'information pour établir un «taux de risque génétique» pour les fumeurs, et donc de prédire la probabilité qu'a un individu de survivre à un âge très avancé. Ils travaillent d'ailleurs à l'élaboration d'un «test» pour permettre à chacun d'évaluer ses risques pour la santé grâce à des analyses de sang et de la génétique.

Toutefois, Morgan Levine précise que «la proportion de personnes ayant une signature génétique qui aiderait à faire face aux contraintes biologiques du tabagisme est extrêmement faible, et, par conséquente, personne ne devrait utiliser ce document comme une excuse pour continuer à fumer.»

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