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Des blogueuses musulmanes, juives et chrétiennes créent une mode fidèle à leur religion

Capture d'écran du site Haute Hijab

Capture d'écran du site Haute Hijab

Cette nouvelle génération de femmes veut des vêtements à la mode, tout en respectant une certaine «pudeur».

Comment s’habiller un tant soit peu fantaisie quand sa religion prescrit des règles vestimentaires de «pudeur», qui impliquent des manches et des jupes longues? C’est pour répondre à cette question qu’une nouvelle génération de blogueuses mode pratiquantes lancent leur marque en ligne.

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Le site américain Tech Insider dresse, par exemple, le portrait de Melanie Elturk, une Américaine musulmane qui a créé sa marque de hidjabs sophistiqués et colorés, ou encore des sœurs juives orthodoxes Mimi Hecht et Mushky Notik à la tête de Mimu Maxi, une marque de vêtements à la fois branchés et très couvrants.

Des tenues convenables et adaptées

Le concept de «pudeur» (consistant à faire preuve de modération, de retenue) varie selon les religions. Toujours est-il que beaucoup de jeunes femmes pratiquantes, qu’elles soient chrétiennes, juives ou musulmanes, se voient souvent dans l’obligation de renoncer à toute fantaisie vestimentaire pour porter des vêtements jugés convenables et adaptés. Adi Heyman, une juive orthodoxe élevée dans la «tsniout» (qui signifie «pudeur juive»), se rappelle des vêtements qu’on lui proposait quand elle était plus jeune.

«C’était difficile de savoir comment je devais m’habiller. “Dois-je vraiment porter le complet d’une femme adulte? Ça me semblait complétement impossible de s’habiller comme ça quand j’étais adolescente.»

En 2010, elle crée une page Facebook, Fabologie, qui recense les tenues de défilé conformes à la «pudeur». La page est à présent devenue un blog qui compte 100.000 lecteurs mensuels. Les jupes longues et les chaussures plates y sont à l’honneur.

Mauvaise foi?

Avec à l’origine une frustration comparable, Melanie Elturk crée en 2010 Haute Hijab, une marque de de hijabs travaillés et coquets, qu’elle accessoirise avec des tenues modernes, un jean ou des bottes. Les sœurs hassidiques qui ont crée Mimu Maxi se font, elles, connaître sur Instagram et touchent un public visiblement très hispter qui ne se limite pas à la communauté juive.

On lui reproche de faire perdurer des valeurs réactionnaires et de soumettre les femmes au jugement masculin

Les démarches de ces jeunes femmes ne plaisent pas à tout le monde. Leurs détracteurs leur reprochent d’alimenter des traditions rigoristes religieuses de manière détournée, en l’occurrence ici le fait de couvrir les femmes. La blogueuse chrétienne pro «pudeur» Elizabeth Roy se fait notamment critiquer par les internautes quand elle publie une note de blog intitulée «Questionnaire pudeur: demandons aux garçons ce qu’ils en pensent». On lui reproche de faire perdurer des valeurs réactionnaires et de soumettre les femmes au jugement masculin.

Connexions interconfessionnelles

D’autres pointent du doigt ce qu’ils perçoivent comme un paradoxe ou de la mauvaise foi: parler de vêtements, faire des photos et les publier sur son blog en se réclamant de la «pudeur». Comme si le concept était déjà incompatible avec un attrait pour le milieu de la mode.

La tendance semble au moins rapprocher les blogueuses de la «pudeur» entre elles, même de manière interconfessionnelle. Comme le rappelle un article du Times of Israel, les sœurs orthodoxes Mimu Maxi ont été critiquées en 2014 pour leur collaboration avec la blogueuse musulmane Hipster Hijabis, à un moment de grandes tensions entre Israël et Gaza. Elles assument pourtant leur choix, assurant trouver «satisfaisant qu’une belle femme musulmane soit inspirée par et ambassadrice de [leur] marque juive».

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