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Il faut que vous suiviez ces photographes sur Instagram

Photos des trois gagnants de la bourse Instagram-Getty: Ismail Ferdous, Adriana Zehbrauskas et Dimitry Markov.

Photos des trois gagnants de la bourse Instagram-Getty: Ismail Ferdous, Adriana Zehbrauskas et Dimitry Markov.

Trois jeunes photographes viennent de remporter un concours organisé par Instagram et Getty images.

La famille d’Ismail Ferdous voulait qu’il poursuive une carrière dans les affaires, mais c’était plus important pour lui de suivre sa passion: la photographie.

«Je suis devenu photographe parce que j’avais une passion pour les histoires humaines, a-t-il écrit via e-mail à Slate. J’ai réalisé que la photographie est un outil formidable pour raconter des histoires. Je crois que quand les gens poursuivent leurs passions, ce en quoi ils croient et ce qu’ils aiment, de vraies choses peuvent en sortir.»

Ferdous, qui est né et vit à Dhaka au Bangladesh, est l’un des trois vainqueurs d’une bourse de 10.000 dollars offerts par Instagram et Getty Images, dont le but est de reconnaître des photographes qui documentent les histoires de communautés sous-représentés autour du globe. Son travail se concentre principalement sur les proches des plus de 1.000 victimes de l’effondrement de l’usine de vêtement de Rana Plaza en 2013. Les gagnants ont aussi remporté un mentorat avec un photojournaliste de l’agence Getty.

«Ce projet vient d'un endroit très personnel, comme je vis parmi les personnes affectée par l'effondrement de Rana Plaza au Bengladesh, explique Ismail Ferdous sur son compte Instagram. Voir les travailleurs tous les jours, ici et là, est un rappel constant de l'effondrement et de ses effets encore importants, deux ans après.» Photo: Ismail Ferdous.

«De mon point de vue, je sais que Rana Plaza restera toujours important dans l'histoire de ma vie. Je me sens très fier d'avoir pu sauver de nombreuses victimes innoccentes et les ramener auprès de leurs proches. Cela restera un très grand accomplissement pour moi», raconte Moni Hossain Tushar à Ismail Ferdous.


«Tous les jours, je vais à Rana Plaza, même si je ne me sens pas bien, pour me rappeler mon fils. J'y vais, je m'asseois, et je pleure mon Rabbi. Les gens qui me voient me demandent pourquoi je m'impose ça tous les jours, et je leur dit que mon fils est mort juste-là», a expliqué Rahela Begum à Ismail Ferdous.

Un autre vainqueur, Dimitry Markov, a commencé à prendre des photos il y dix ans. «Ce n’était rien, juste un hobby, a-t-il expliqué via e-mail à Slate. Puis j’ai commencé à travailler avec des volontaires qui aident dans les orphelinats. J’ai commencé à raconter avec des photos l’histoire du travail réalisé par les organisations de charité en Russie. Ces photos ont aidé à attirer plus de gens et des sponsors, alors j’ai décidé d’en faire ma mission.»

Sans titre. Dimitry Markov


Sans titre. Dimitry Markov


Sans titre. Dimitry markov

Adriana Zehbrauskas, la troisième gagnante, est née au Brésil et vit maintenant à Mexico, où elle pensait suivre les pas de son père et travailler comme journaliste. Mais elle a vite réalisé qu’elle serait plus encline à devenir photographe. Son travail se concentre sur le changement climatique mais aussi sur la vie quotidienne des latino-américains.

«Au début, je mettais plus de photos personnelles sur Instagram, explique-t-elle par e-mail à Slate. Un peu comme un regain de cette liberté que j’avais gagné en prenant des photos avec mon téléphone. Naturellement, c’est devenu un endroit où je pouvais poster des images d’histoires sur lesquelles je travaillais et qui ne trouveraient pas forcément trouver un espace dans le print. Le format carré m’a fait réfléchir différemment en prenant des photos et je pense que c’était l’un des challenges qui m’ont fascinés.»

Tixtla de Guerrero, Mexique. Angel essaye d'attraper le ballon que ta tante lui a ramené du travail. C'est un autre jour de semaine à la maison pour lui depuis que les professeurs font la grève dans la région. Le père d'Angel fait partie des 43 étudiants disparus. Adriana Zehbrauskas

Mexico, Mexique. Un couple aperçu dans le rétro d'un bicitaxi, devant une image de Saint Jude Thaddée. Adriana Zehbrauskas

Mexico, Mexique. Karen Thays se prépare pour son baptême à la basilique de Guadalupe, le Saint patron mexicain. Selon un recensement de 2000, près de 88% des Mexicains sont au moins affiliés à l'église catholique. Adriana Zehbrauskas

Markov raconte également qu’il a longtemps choisi le même filtre pour toutes les photos qu’il poste pour garder une sorte de consistance, du moins esthétique. Il a essayé d’ajouter une nouvelle histoire chaque semaine en utilisant son téléphone au lieu d’un traditionnel reflex mono-objectif ou d’un compact.

«Prendre des photos sur votre téléphone, la façon de voir les choses, c’est un super entraînement pour un photographe, écrit-il. Vous devez faire une super photo sans les outils d’un appareil de professionnel.»

La première fois qu’Instagram a mis en avant son travail, Markov a gagné 30.000 abonnés. Avec cette nouvelle audience venaient de nouvelles attentes.

«Je pense que les gens ne veulent pas voir que des selfies», explique-t-il. «Ils sont intéressés par la photographie plus profonde. Et maintenant, avec cette bourse, je fais pouvoir en faire plus.»

Les photos des gagnants seront exposées au festival Photoville à New York jusqu’au 20 septembre.

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