Culture

Un nouveau quotidien d'opposition sort en Italie

Temps de lecture : 2 min

A neuf heures il était déjà épuisé dans tous les kiosques: Il Fatto (Le Fait), le nouveau quotidien italien est sorti le 22 septembre. Lancé par des journalistes de la presse d'opposition, Il Fatto se veut indépendant de tout pouvoir politique ou économique et résolument anti-Berlusconi, rapporte la Repubblica. Son dirigeant, Antonio Padellaro, ancien directeur du quotidien de gauche L'Unità, a recruté des signatures connues du journalisme italien comme Furio Colombo, Marco Travaglio (journaliste et blogguer très connu en Italie), Peter Gomez et Luca Telese, ainsi qu'une troupe de jeunes chroniqueurs.

Le quotidien sortira six jours sur sept (pas le lundi). Composé de 16 pages en couleurs, il coute 1,20€. La fierté du directeur est de lancer ce quotidien sans aucun soutien financier: «C'est la seule façon d'être vraiment libres». Le capital social de 600 000 euros est réparti entre des entrepreneurs (70%), sans actionnaires de référence, et les journalistes (30%), qui détiendront une minorité de blocage. Mais son objectif est celui de la vente par abonnement: 27 000 abonnements ont déjà été souscrits, dont deux tiers pour la version en ligne. Pour limiter les coûts, le journal sera distribué seulement dans les grandes villes de la péninsule.

«Pourquoi un nouveau journal en ce moment, alors que l'édition est en crise et la presse sous siège?», raconte Antonio Padellaro. «C'est ce que nous ont demandé beaucoup de collègues, italiens et étrangers. Nous répondons que c'est bien en ce moment qu'il faut une réaction civique des journalistes». Les rédacteurs avouent qu'ils vont «taper là où ça fait mal» et beaucoup parler du Président du Conseil, Silvio Berlusconi, mais tiennent à préciser qu'ils ne feront pas un journal d'opposition: «La ligne éditoriale sera dictée par la Constitution». Ces journalistes expérimentés disent vouloir s'intéresser aux relations présumées avec la mafia de Silvio Berlusconi et à l'origine de son empire financier, plutôt qu'à ses frasques sexuelles. Un programme ambitieux pour lequel ils se sont adjoint les services des deux meilleurs avocats du droit de l'information de la place italienne.

Il Fatto arrive après les attaques du Président du Conseil italien contre la presse d'opposition, très restreinte en Italie. Il a même attaqué en justice La Repubblica et l'Unità pour diffamation. Silvio Berlusconi contrôle de manière directe (et indirecte) la majorité des médias italiens, grâce auxquels il a crée sa réputation et sa carrière politique. Les journalistes du quotidien Repubblica, après avoir été traités de farabutti (crapules), ont lancé une initiative originale: Siamo tutti Farabutti (nous sommes tous des crapules). Les lecteurs du journal envoient des photos d'eux, avec un panneau sur lequel est marqué "Nous aussi nous sommes des crapules".  Par ailleurs, une grande manifestation est prévue le 3 octobre en Italie pour défendre la liberté de la presse, pas toujours évidente dans la Botte.

[Lire l'article complet sur La Repubblica]

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d'actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Inscrivez-vous à la newsletter de SlateInscrivez-vous à la newsletter de Slate

Image de Une: Il Fatto

Newsletters

Pourquoi les savants se battent depuis des siècles sur l'origine du nom «Amérique»

Pourquoi les savants se battent depuis des siècles sur l'origine du nom «Amérique»

Depuis le dernier tiers du XIXᵉ siècle, certains auteurs cherchent à prouver que le pays ne doit pas son nom à l'explorateur florentin Amerigo Vespucci.

«Monument national», le cinquième roman de Julia Deck l'est sans conteste

«Monument national», le cinquième roman de Julia Deck l'est sans conteste

Une écriture à la précision chirurgicale, à la richesse constante, aux omissions calculées, au projet strictement littéraire.

Deux documentaires pour comprendre l'importance des salles de shoot

Deux documentaires pour comprendre l'importance des salles de shoot

Loin des débats stériles et idéologiques, «Chasser les dragons» et «Ici, je vais pas mourir» reviennent sur ces espaces nécessaires pour une population abîmée par la vie.

Podcasts Grands Formats Séries
Slate Studio