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Churchill, HG Wells, Virginia Woolf: la liste des Britanniques que les nazis voulaient arrêter

Statue de Winston Churchill à Londres. REUTERS/Luke MacGregor

Statue de Winston Churchill à Londres. REUTERS/Luke MacGregor

Le «livre noir» des nazis, liste des personnes qu'ils souhaitaient arrêter en priorité en cas de victoire de la bataille d'Angleterre, a été traduit et mis en ligne.

Les nazis avaient élaboré en 1940 une liste des personnes à arrêter en priorité en Grande Bretagne en cas de victoire de la bataille d'Angleterre et d’invasion du pays. Connue sous le nom de «livre noir», cette liste a été pour la première fois traduite en anglais par les historiens du site Forces War Records, sur lequel il est possible d'effectuer une recherche dans la base de donnée des 2.820 noms mentionnés.

La liste a été établie sous l'égide du général SS Walter Schellenberg, qui devait devenir le chef de la police allemande en Grande Bretagne après l'invasion qui n'eut jamais lieu. Les personnes recherchées, «ennemis de l'Etat, traites et indésirables», devaient recevoir un «châtiment», être exécutées ou déportées en cas de victoire nazie en Grande Bretagne.

La liste est composée de responsables politiques, haut gradés, écrivains, espions, scientifiques, artistes et personnes réfugiées en Grande Bretagne. De nombreuses personnalités mentionnées le sont en raison de leurs engagements politiques –syndicalistes, communistes, pacifistes– ou du seul fait d'être juifs.

En tête de liste figure le premier ministre britannique Winston Churchill. De nombreux artistes britanniques étaient également visés: H. G. Wells pour ses positions pacifistes et anti-fascistes, tout comme E. M. Foster soupçonné d’homosexualité par les nazis et Aldous Huxley, qui aidait des écrivains et artistes juifs à fuir l’Allemagne, ou encore Virginia Woolf, «féministe, anti-faciste, mariée à un juif».

La liste contient plusieurs agents des services secrets britanniques, notamment le Major Francis E Foley, connu comme le Schindler britannique. En poste à Berlin, où il dirigeait le bureau du MI6, il avait selon les historiens qui ont réalisé la traduction sauvé des dizaines de milliers de personnes de l’Holocauste, permettant à de nombreux juifs d’obtenir un visa pour se rendre légalement en Grande Bretagne et en Palestine.

Figuraient également sur la liste Chaim Weizmann, leader sioniste qui deviendra par la suite le premier président de l’Etat d’Israël et le fondateur du scoutisme Baden Powell.

La plupart des 20.000 copies imprimées de la liste noire ont été détruites pendant la guerre et seuls deux exemplaires connus sont encore consultables.

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