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Un village libanais accueille à lui seul plus de réfugiés syriens que les Etats-Unis

Une réfugiée syrienne étend du linge dans un campement de fortune à Bar Elias, dans la vallée de la Bekka, le 20 juin 2015. REUTERS/Jamal Saidi

Une réfugiée syrienne étend du linge dans un campement de fortune à Bar Elias, dans la vallée de la Bekka, le 20 juin 2015. REUTERS/Jamal Saidi

Depuis le début de la guerre en Syrie, en mars 2011, les Etats-Unis n'ont accueilli que 1.584 réfugiés. Le village de Ketermaya en comptait, lui, 1.954 dès 2014.

Ketermaya est un petit village du sud du Liban, situé à une quarantaine de kilomètres de Beyrouth. A lui seul, il accueille plus de réfugiés syriens que les cinquante Etats américains. Dès 2014, il compte plus de 1.954 réfugiés alors que les Etats-Unis n'ont accueilli que 1.584 Syriens depuis 2011 (sur 70.000 réfugiés de toutes nationalités confondues chaque année).

Dans le village de Ketermaya, certains libanais ont proposé gratuitement des logements inoccupés et des tentes. D'autres ont mis à disposition leurs terres. C'est le cas d'Ali Tafesh, qui possède une entreprise locale. Trois cent trente Syriens se trouvent sur sa parcelle d'un acre. 

«A ses propres frais, il a construit des toilettes et installé l'eau potable dans le camp», raconte le journaliste du Globalpost.

Ali Tafesh ne fait pourtant partie que d'une minorité. Plus de 4 millions de Syriens ont fui leurs pays et la plupart d'entre eux se trouvent au Liban, en Turquie et en JordanieAu Liban, plus d'une personne sur quatre est un réfugié syrien. Alors ces réfugiés se rendent où ils peuvent, construisent des abris de fortune, dorment dans leurs voitures ou viennent renforcer la population des camps palestiniens déjà surpeuplés. La pression sur ce pays est forte et le racisme, lui, grandissant.

Un pays paralysé par le danger terroriste

Les Etats-Unis ont recueilli pour leur part plus de réfugiés lors des conflits précédents: 1 million en provenance du Sud Est de l'Asie pendant la guerre du Vietnam, ou encore des dizaines de milliers lors de la guerre du Kosovo à la fin des années 1990. 

De nombreux journaux américains s'interrogent donc sur les raisons de cette politique. Selon Vox, le système d’accueil américain «n’est pas fait pour les urgences humanitaires». «Il faut en moyenne 18 mois avant qu'un réfugié désigné pour une relocalisation aux Etats-Unis ne mette effectivement un pied dans le pays», précise une journaliste de CNN. Vox pense également que la volonté politique manque et que le pays se trouve paralysé par le danger terroriste. 

En mai dernier, un groupe de sénateurs avait pourtant demandé l'accueil de 65.000 Syriens supplémentaires, en vain. Le 10 septembre, le gouvernement américain s'est finalement engagé à en accueillir 10.000 de plus d’ici octobre 2016.

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