Égalités

Les homophobes sont psychotiques

Temps de lecture : 2 min

Si certains éprouvent de la haine envers les homosexuels, c'est qu'ils retournent leur douleur contre les autres ou qu'ils se voilent la face.

Manifestation contre la mariage gay aux États-Unis (REUTERS/Toby Melville)
Manifestation contre la mariage gay aux États-Unis (REUTERS/Toby Melville)

Le malade n’est peut-être pas celui que l’on croit. Ou plutôt, que les homophobes croient. Alors que l’homosexualité a longtemps été classée comme «maladie mentale», voilà qu’une nouvelle étude montre que les personnes homophobes auraient des tendances psychotiques. Les chercheurs ont interrogé pour ce faire près de 550 étudiants, en leur posant différentes questions pour évaluer à la fois leur degré d’homophobie et déceler d’éventuelles tendances psychologiques. Les résultats sont sans appel.

«Après avoir débattu pendant des siècles sur le fait de savoir si l’homosexualité pouvait être considérée comme une maladie, nous démontrons pour la première fois que la maladie qu’il faut en fait guérir, c’est l’homophobie», a déclaré le principal auteur de l’étude, Emmanuele A. Jannini, qui est par ailleurs aussi président de la société d’andrologie et de médecine sexuelle. De quoi nous rendre plus tolérants avec les homophobes: oui, eux aussi ils souffrent, même s’ils ne le savent pas.

Tous malades

De manière plus complexe, l’étude montre aussi que nous sommes tous un peu fous (ce que nous savions certes depuis Freud) et que c’est en quelque sorte la manière dont s’exprime cette folie qui fera de nous un homophobe ou une personne tolérante.

«Des tendances psychotiques et des mécanismes de défense immatures peuvent être d’importants facteurs d’homophobie, tandis que la dépression et des mécanismes de défense névrotiques peuvent diminuer le risque de devenir homophobe», écrivent les chercheurs de l’'université de Rome «Tor Vergata», dans un communiqué de presse qui accompagne la sortie de l’étude parue dans le Journal of Sexual Medicine.

En psychologie, les mécanismes de défense immatures consistent par exemple à attribuer à autrui ses propres émotions ou pulsions inacceptables. Les tendances psychotiques conduisent plutôt à se couper du réel. Les défenses névrotiques, elles, sont le fait de tempéraments anxieux, où l’on retourne l’origine de l’angoisse contre soi-même, comme dans la dépression. En clair (et en très simplifié): les homophobes sont des malades qui retournent leur douleur contre les autres ou se voilent la face, les personnes tolérantes vont plutôt avoir tendance à s’en vouloir à elles-mêmes ou à se faire du mal. Tous malades: voilà qui devrait nous permettre de mieux nous comprendre.

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