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Ils ont dit «oui» au #divorceselfie

Capture d'écran du hashtag #divorceselfie sur Instagram

Capture d'écran du hashtag #divorceselfie sur Instagram

Garanti #nofilter et surtout #nofight.

Shannon et Chris Neuman divorcent en août 2015. Ils se rendent à la cour municipale de Calgary et règlent la procédure comme une simple formalité, avant de ressortir et de faire un selfie. Leurs sourires béats sont pour le moins étonnants, ainsi que le post Facebook qui accompagne la photo, partagée plus de 37 000 fois: 

«Nous sourions parce que nous avons accompli quelque chose d'extraordinaire (quoi qu'il en soit!). Nous avons, dans le respect et de manière réfléchie et digne, mis fin à notre mariage de manière à pouvoir aller de l'avant tels des partenaires pour nos enfants [...] s'il-vous-plaît, prêtez attention à notre manière de faire si vous vous trouvez dans cette situation, ou bien partagez notre message si nous pouvons aider à rappeler qu'il est possible d'aimer vos enfants plus que vous ne détestez/doutez/avez de l'aversion pour votre ex.»

 Le Washington Post appelle cette nouvelle pratique le «divorce selfie» et en recense quelques centaines. Si le phénomène reste pour l'heure restreint, il frappe les esprits en remettant en cause la manière dont on conçoit le divorce: une épreuve. Jessica, violoniste professionnelle divorcée il y a une douzaine de mois, célébrait elle aussi la «coparentalité» dans son selfie de divorce qui comportait la légende fréquemment employée pour ce type de photo: «Ne pleure pas parce que c'est fini, souris parce que c'est arrivé.»

 

In front of the #boulder courthouse. Cheers to the rest of our lives, apart. #divorceselfie

Une photo publiée par Dreamer. Dancer. Scientist. (@blacktuesday74) le

 

 «Un rejet du partenaire» 

Pour le site Acculturated, ces nouveaux selfies sont aussi «ridicules» que ceux du Tumblr Selfies aux enterrements où des internautes postent des photos d'eux après des obsèques ou à un moment où ils ont perdu un proche.

Avec des arguments parfois conservateurs sur la conception de la familles, la journaliste Bethany Mandel explique que cet angélisme et cet entrain surjoués passent totalement outre le fait que le divorce reste un moment de cassure pour les enfants. 

«Malgré les meilleurs intentions de ces joyeux posts [...] faits de visages souriants affichés après la séparation, cela reste fondamentalement un rejet du partenaire. [...] Célébrer la dissolution d'une union qui a mis au monde un enfant peut être très agressif pour les fondements de son identité et il n'est peut-être pas suffisamment âgé ou mature émotionnellement pour vous l'expliquer.»

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