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La ville «durable», connectée et écolo ne profiterait pas aux femmes

 Female in Striped Outfit Walking a Dog | Image Catalog via Flickr License by

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L’étiquette «développement durable» permet à certains responsables de pousser en avant des solutions qui profitent d’abord aux «hommes jeunes, libres d’obligations familiales et en bonne santé».

«Une ville plus écolo, plus pratique, plus durable!»: tel est le slogan que nous vendent nos maires, l’État, et nombre d’experts. Or, il se pourrait bien que le tableau ne soit pas si rose selon le géographe Yves Raibaud, qui a rédigé un article au nom explicite –«La ville durable creuse les inégalités»– dans le journal du CNRS. «Des solutions qui semblent faire consensus sont aussi celles qui creusent les inégalités entre les femmes et les hommes», résume-t-il.

Par exemple, les économies sur l’éclairage public, le soir, ne leur profitent guère, au contraire, à cause du harcèlement de rue ou dans les transports, dont 100% d’entre elles ont été victimes, selon le rapport 2015 du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. Le développement du vélo? Il est beaucoup plus utilisé par les hommes, et les femmes l'abandonnent même complètement à la naissance de leur deuxième enfant. Logique, puisque leurs déplacements sont dès lors surtout rythmés par les courses et le soin de leur progéniture, peu conciliables avec le vélo.

Une ville pour les hommes jeunes et en bonne santé

L’étiquette «développement durable», qui paraît noble et humaniste, sert en effet à cacher de profondes inégalités, estime le chercheur, lesquelles vont être entérinées pendant des séances de «concertation» d’où les femmes sont exclues. Yves Raibaud et son équipe ont par exemple analysé une opération sur les nouvelles mobilités urbaines menée en 2012: aucune femme n’était présente parmi les experts, et sur tous les participants, il n’y avait que 23% de femmes, qui n’ont obtenu que 10% du temps de parole.

«La promesse d’une ville durable tranquille, meilleure pour la santé, récréative, favorisant le vivre-ensemble nécessite que chacun fasse un effort pour s’y adapter. Mais, dans les faits, les nouvelles pratiques qui en découlent ressemblent comme deux gouttes d’eau à des pratiques d’hommes jeunes, libres d’obligations familiales et en bonne santé», critique le chercheur. 

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