Une seule statistique suffit pour comprendre l'ampleur du réchauffement climatique

Ayers RockUluru in central Australian desert / John Coppi via Wikimédia License by

Ayers RockUluru in central Australian desert / John Coppi via Wikimédia License by

La fréquence des records de chaleur dépasse désormais largement celle des records de froid.

Quelques semaines avant la conférence mondiale sur le climat, qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, les campagnes de sensibilisation se multiplient pour provoquer une prise de conscience générale. Les politiques, les chercheurs et les médias rappellent que les températures et le niveau de la mer augmentent, ou encore que la calotte glaciaire continue de fondre.

Mais comme l’explique le Washington Post, «il est plus difficile de trouver une mesure qui parlent plus facilement aux gens et qu’ils expérimentent dans leur vie quotidienne». C’est pour cela que deux chercheurs ont décidé de se pencher sur la question en étudiant leur pays d’origine, l’Australie. Dans leur étude, publiée dans Geophysical Research Letters, ils expliquent que la mesure la plus parlante concerne la fréquence des records de température, qu’ils soient négatifs ou positifs.

«Dans un climat stationnaire, un climat où nous n’avons pas de tendance ou de changement sur le long terme, nous estimions jusque-là que les records de froid et de chaud devaient être battus à une fréquence à peu près équivalente, explique Sophie Lewis au Washington Post, co-auteure de l’étude. Mais dans les quinze dernières années, nous avons vu une augmentation dramatique du nombre de records de température chaude et une baisse de records de température froide.»

Quand le thermomètre s'affole

On peut ainsi citer «l’été en colère» de 2012-2013, «jour, semaine, mois et saisons les plus chauds, et année la plus chaude jamais enregistrée», écrivent les deux chercheurs dans leur étude. Une carte de la Nasa à l’époque permettait de situer les anomalies de température pendant ce été étouffant. Tout le nord et le sud du pays sont recouverts de points rouges.


 Carte de la NASA répertoriant les anomalies de température pendant l'été 2012-2013.

Mais ces cinq dernières années sont toutes aussi inquiétantes. «Entre 2010 et 2014, les records de chaleurs ont été en moyenne douze fois plus nombreux que les records de froid», écrivent les chercheurs. Par le passé, une étude similaire avait été menée entre 1997 et 2009 pour l’Australie, mais le ratio était de 2 à 1. Et entre 1910 et 1960, ce ratio était de 1 à 1. Pour les auteurs de l’étude, il donc impossible de nier aujourd’hui le rôle joué par les gaz à effet de serre dans le réchauffement climatique.

En France, de tels calculs n’ont pas été effectués dans ce sens, mais quand on regarde la dernière vague de chaleur en France et les records battus dans certaines villes (38,3°C à Dieppes ou 41,1°C à Saint-Étienne), on peut légitimement penser que le ratio de 1 à 1 n'existe plus depuis longtemps. 

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