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Quand se débarrasser de tout ce qui vous appartient tourne à l'obsession

hand werpen (throwing hands) / followtheseinstructions via FlickrCC License by

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Nous sommes de plus en plus incités à jeter ce qui nous encombre. Ce qui est un art de vivre pour certains tourne vite au TOC chez d'autres.

Alors qu’elle avait 5 ans, Annabelle Charbit a commencé à déposer ses propres jouets dans la chambre de son frère. À 10 ans, elle jetait ses biens dans les rues. À 13 ans, elle découvre la charité et décide de donner les sacs de ses parents. Aujourd’hui âgée de 41 ans, elle est restée obsédée par son besoin maladif de se débarrasser de ce qui lui appartient.

Le site The Atlantic explique que ce phénomène dont souffre Annabelle Charbit, aujourd’hui devenue neurologue, a un nom: le «decluttering», que l’on pourrait traduire par «désencombrement» en français. Ce mot, apparu dans les livres dès les années 1970, est devenu un style de vie pour contrer le «hoarding», «l’amassement». 

«Les magazines féminins demandent à leur lectrices de faire des purges, les coaches personnels proposent à leurs clients de les aider dans leur quête de la perfection minimaliste», explique The Atlantic. 

Un nouveau business

On apprend ainsi dans l’Asutralian Financial Review qu’un véritable business s’est mis en place autour du «decluttering». Moyennant une modique somme allant de 60 à 120 dollars, vous pouvez vous offrir les conseils d’un organisateur d'intérieur professionnel qui va désencombrer votre logement lors d’un grand nettoyage qui peut durer parfois plusieurs jours.

Le fait d’amasser des biens a été classifié en maladie en 2013. Le comportement inverse n’est pas aussi bien pris en charge

L’Australian Financial Review évoque aussi le succès de la «consultante en nettoyage» Marie Kondo, qui a vendu deux millions d’exemplaires d’un livre où elle conseille à ses lecteurs de jeter tout ce qui est inutile chez eux à l’exception de ce qui les «remplit de joie».

Tout le temps tout remettre en ordre

Mais ce mouvement de simplification de sa propre vie, aussi bénéfique soit-il pour notre porte-monnaie, n’est pas sans conséquence pour notre santé. The Atlantic explique que le fait d’amasser des biens a été classifié en maladie en 2013, mais que le comportement inverse n’est pas aussi bien pris en charge. Et pourtant, comme l’explique Vivien Diller, psychologue à New York, des patients viennent le voir parce qu’ils «ne dorment pas la nuit, se sentent nerveux et irritable… Ils vont s’asseoir dans mon bureau et remettre en ordre mes coussins. Ils ne seront pas à l’aise avant que tout soit en ordre».

Car la volonté d’épurer sa vie et de garder l’essentiel tombe souvent dans le perfectionnisme maladif. Annabelle Charbit explique ainsi souffrir d’un véritable trouble obsessionnel compulsif, qui la pousse, malgré les traitements à «jeter quelque chose et le racheter plutôt que le garder». «Je ne me rappelle même pas combien de fois j’ai jeté des livres juste pour aller sur Amazon pour en racheter», explique-t-elle. Elle réussit néanmoins à vivre avec sa famille de manière un peu près normale, en respectant ce qui leur appartient. Mais dans tiroir à chaussures, la simplicité règne: une paire de baskets, une paire de ballerines, et une paire de sandale. Pas une de plus.

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