Monde

N1 TV, la télé proche de l’extrême-droite hongroise qui célèbre Hitler et fait des croche-pattes aux migrants

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 09.09.2015 à 18 h 32

Repéré sur Quartz, France TV info / AFP, The Guardian

La chaîne, proche du parti d’extrême-droite hongrois Jobbik, n’en est pas à sa première polémique.

La journaliste de N1 TV Petra László, en train de faire un croche-patte à un migrant qui porte son fils dans les bras, lundi 7 septembre. REUTERS/Marko Djurica

La journaliste de N1 TV Petra László, en train de faire un croche-patte à un migrant qui porte son fils dans les bras, lundi 7 septembre. REUTERS/Marko Djurica

La Hongrie de Viktor Orbán est connue pour sa grande fermeté vis-à-vis des réfugiés, qui traversent souvent ce pays pour rallier l’Europe occidentale. Le Premier ministre a encore rappelé il y a quelques jours qu’ils «menacent l’identité chrétienne de l’Europe» et qu’ils ne sont pas bienvenus. Un message qui, semble-t-il, a été pris au pieds de la lettre par une journaliste hongroise, Petra László.

Lundi 7 septembre, alors qu’elle filmait un groupe de migrants en tran de fuir des policiers près du camp de Roeszke, elle décide de frapper certains d’entre eux, comme le rapporte le site Quartz. D’autres journalistes étant sur place, la vidéo est vite mise en ligne.


Dans d’autres images, on peut la voir frapper deux autres migrants.


Face à l’indignation que son geste a suscité, son employeur a posté un message sur le site de la chaîne expliquant que son comportement était «inacceptable» et qu’elle a depuis été licenciée. Une nouvelle qui n’a pas démoralisé Petra László. Sur son propre compte Facebook, elle a publié le message suivant, en expliquant qu’elle a reçu 1.500 messages de haine, «90% venant de musulmans qui soutiennent Daesh» avant de signer avec un mot évocateur, «HEIL».

Since yesterday I recieved more than 1500 Hate-Messages.90% are coming from Muslims that are supporting ISIS.It's...

Posted by Petra Laszlo on mardi 8 septembre 2015

 

Un compte Twitter à son nom a été créé dans la foulée. Impossible d'en vérifier l'authenticité, mais la tonalité des tweets ressemble aux posts Facebook de la journaliste. Elle s'y défend en expliquant qu'elle voulait aider la police, qu'elle a fait le bon choix en frappant les migrants, et qu'elle mérite le titre de «journaliste de l'année»...


Hitler victime d'une chasse aux sorcières

Il faut rappeler que la chaîne qui l’employait, N1 TV, n’a jamais été étrangère aux polémiques. En avril 2011 par exemple, cette chaîne de télévision en ligne diffusait un reportage de trente secondes pour célébrer l’anniversaire de la naissance d’Adolf Hitler. Elle rendait hommage à «l'homme politique allemand» en estimant qu'il avait «rapidement relancé une Allemagne en ruines et appauvrie», notaient à l’époque l’AFP et France TV info. La chaîne hongroise estimait alors que «l'homme politique probablement le plus connu de l'Histoire avait été la principale victime d'une chasse aux sorcières politique des vainqueurs», qui étaient désignés comme «les alliés anglo-saxons et bolcheviques».

Le site de la chaîne contient également des titres d’articles comme “les migrants essaiment dans tous les magasins”

«Le site de la chaîne contient également des titres d’articles comme “les migrants essaiment dans tous les magasins ou “Guantanamo = Hongrie», souligne le Guardian avant de rappeler que N1 TV, lancée en décembre 2010, est proche d’un parti raciste et antisémite d’extrême-droite hongrois, Jobbik. L’année dernière, Hélène Bienvenu expliquait sur Slate.fr comment ce parti a «colonisé la Hongrie»

Le relais de discours haineux

Jobbik a mis en place de nombreux relais dans la société afin d’imposer ses idées: «karaokés nationalistes, groupes de rock au discours agressif, manuels ancestraux, taxis partisans, costumes traditionnels»… et sites d'information. Car en plus de N1 TV, où le leader Gábor Vona peut diffuser ses discours, Jobbik a lancé Kuruc Info, dont les discours sont «particulièrement haineux», ou encore sur Alfahír, pendant du magazine papier Barikád.

Et dans les urnes, le parti a connu des progrès fulgurants. L’année dernière, il obtenait 20,5% des suffrages aux élections législatives, contre 16,67% en 2010. Et aujourd’hui, Jobbik, en tête chez les électeurs de moins de 30 ans, est devenu le deuxième parti du pays. 

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte