La Poste: combien pour un symbole?
Confrontée au recul du courrier, La Poste a depuis longtemps renoncé à devenir un acteur international dans ce secteur.
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La Poste? De plus en plus une banque. Les résultats du groupe pour le premier semestre 2009 donnent bien le sens de l'histoire: une baisse de 4,8% du chiffre d'affaires dans le courrier (avec en plus un recul de moitié de la marge d'exploitation en un an) tout comme dans le colis et l'express, et à l'inverse une progression de 3,2% pour l'activité bancaire.
«La tendance à la baisse structurelle des volumes du courrier devrait se prolonger au cours des prochains mois. La décroissance des activités du colis et de l'express est en revanche ralentie depuis le mois d'avril. La progression des activités bancaires devrait se poursuivre», commente, sans surprise, la direction. Mais si la Banque postale ne contribue encore au chiffre d'affaires qu'à hauteur de 24% (contre 55% pour le courrier), elle génère à elle seule les deux tiers du résultat d'exploitation. D'où l'inquiétude légitime des syndicats à propos de l'avenir du courrier.
Libéralisation totale des services postaux en 2011
Cette inquiétude est d'autant plus vive que, même si l'activité de La Poste est déjà largement plongée dans le secteur concurrentiel (pour plus de la moitié de son chiffre d'affaires), la libéralisation totale est programmée pour le 1er janvier 2011, selon une directive communautaire sur le marché intérieur des services postaux. A cette date, La Poste perdra son monopole sur la distribution des plis de moins de 50 grammes, la seule activité qui n'est pas encore soumise à la concurrence. Certes, elle bénéficiera d'une subvention de service public. Mais comme le courrier est aussi l'activité qui dégage la moins bonne rentabilité, on peut s'interroger sur son avenir.
Entreprises publiques, promesses politiques
On ne s'engage pas vers une privatisation à la hussarde. La Poste est un service public auquel les Français sont trop attachés pour lui faire subir une révolution trop violente. La faute politique serait d'autant plus grande que la crise a rendu l'opinion publique encore plus réservée sur l'intérêt de toute dérégulation. Même si elle devient société anonyme à capitaux publics, l'actuel établissement public postal restera dans le giron de l'Etat... pour le moment, tout du moins. Car obligée d'investir, tant dans le courrier que dans la banque, elle devra trouver des capitaux que l'Etat, endetté pour très longtemps surtout après la dérive due à la crise, ne pourra lui fournir. En toute logique, comme l'ont montré d'autres exemples, la solution qui s'offrira à elle passera par une ouverture progressive du capital. De ce point de vue, les promesses des hommes politiques ne pèsent pas lourd et surtout pas très longtemps face aux logiques économiques.
Moins de logistique, plus de banque
Si La Poste est soupçonnée aujourd'hui de vouloir céder du terrain sur le courrier, c'est que les options stratégiques prises depuis quelques années vont dans ce sens. Des investissements ont été opérés dans le tri du courrier. Mais l'établissement public devait se ménager des relais de croissance, comme d'ailleurs toutes les grandes postes européennes. Là où la poste néerlandaise (TNT, deux fois plus rentable) et son homologue allemande (Deutsch Post, trois fois plus importante) ont investi dans l'outil de transport pour l'acheminement des plis et colis et dans la logistique, La Poste a préféré se diversifier dans la banque comme l'ont fait ses concurrentes britannique, italienne ou autrichienne. A l'intérieur de l'Hexagone, elle tient toujours le haut du pavé, mais elle est dépassée à l''international face aux quatre géants - Fedex, UPS, DHL (filiale de Deutsch Post) et TNT - qui se partagent 75% du marché mondial de l'express. Les précédents tentatives pour se développer dans les acheminements aériens avec l'Aéropostale ont fait chou blanc. Aujourd'hui, on réduit la voilure.
Seulement 3% de particuliers dans le courrier
Le choix en faveur des activités bancaires n'est pas dénué de sens. Avant même d'avoir à affronter la concurrence d'autres opérateurs, La Poste doit faire face à l'évolution technologique qui a fait exploser les communications téléphoniques et le courrier électronique et a bouleversé les habitudes en matière de correspondance. Le courrier entre particuliers ne représente plus que ... 3% des volumes !
Les entreprises et la dématérialisation
Les entreprises utilisent encore beaucoup les échanges papier, mais là aussi la dématérialisation fait son oeuvre. Le rapport Ailleret de décembre 2008 sur l'avenir de La Poste souligne ainsi que le nombre de feuilles de soins électronique - avec l'apparition de la carte Vitale - est passé de 11 millions en 1999 à 945 millions en 2006 (soit 90 fois plus en sept ans seulement), et que le nombre de télédéclarants à l'impôt sur le revenu a été multiplié par 12 de 2003 à 2007, en passant de 600.000 à 7,5 millions. Autant de plis en moins pour La Poste, et les exemples de ce type foisonnent.
A horizon 2020, le volume du courrier traité pourrait avoir reculé de 20 à 40% selon le rapport Ailleret. Un constat sans appel, corroboré par l'évolution des mœurs, en France comme dans les autres pays européens soumis à des reculs comparables. Dans ces conditions La Poste a tranché: son avenir ne sera pas dans le courrier mais dans la banque. Car côté colis et express, le marché intérieur est trop étroit et à l'international les places sont prises.
Subvention de service public
Pourtant, l'activité bancaire n'est pas plus une rente. Car la concurrence y est rude, et La Poste à un moment de son développement devra aussi fixer dans ce secteur des options stratégiques qui auront un coût. Sans croissance, elle sera submergée. Sans investissement, elle ne pourra croître. Ce qui, pour disposer de nouvelles capacités d'investissement ou pour nouer des accords industriels avec d'autres établissements financiers, passera par une ouverture du capital. Les syndicats ne l'ignorent pas. Tout autre discours est démenti par les faits et l'expérience. Rien ne sert de lancer de vaines promesses qui ne peuvent engager l'avenir. L'enjeu consiste à déterminer si l'Etat doit payer pour la survie d'un service en mutation qui est un élément de l'unité territoriale, et combien.
Dans ces conditions, la subvention de service public est au cœur du débat, en plus du soutien de 2,7 milliards d'euros de l'Etat (avec la Caisse des dépôts) pour accompagner le changement de statut. Mais le débat lui-même est éminemment politique, et la position du gouvernement déterminera l'engagement de la droite pour la défense - ou non - des services publics. C'est la raison pour laquelle les syndicats font monter la pression sur ce dossier qui devient symbolique... même si personne ne croit vraiment à une privatisation imminente de La Poste.
Gilles Bridier
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Image de Une: un employé de La Poste manifeste contre la libéralisation Eric Gaillard / Reuters
Mis à jour le 23/09/2009 à 8h53












































Le fond du problème, comme chacun sait, c'est la disparition des bureaux de poste qui coûtent plus qu'ils ne rapportent. Suivez mon regard, vous tous qui avez été contraints de vous loger dans des banlieues lointaines où vous a chassés la spéculation immobilière, ou qui faites partie des quelques paysans qui n'ont pas encore été contraints de mettre la clé sous le paillasson... Et donc, s'ensuivra la suppression des emplois ainsi devenus superflus. Toute autre hypothèse relève de la naïveté politique !
Or un service public n'est pas conçu pour être rentable; c'est là que le bât blesse tous les libéraux qui considèrent que c'est à chaque individu de se débrouiller seul, et non à l'État de venir en aide aux plus faibles.
Alors on peut discuter tant qu'on veut sur les intentions pures ou non des uns et des autres. La vérité, c'est que la solidarité est de plus en plus insupportable à nos concitoyens qui trouvent toujours qu'on paye trop d'impôts directs. La majorité vote à droite aux élections nationales, non ?
Après la Poste, ce sera la santé: on a déjà bien commencé avec le jumelage des hôpitaux publics et des cliniques privées. Toutes les opérations qui rapportent pour les cliniques privées, et celles qui coûtent plus qu'elles ne rapportent pour les hôpitaux publics. Les gens de droite seront satisfaits, et ce n'est pas quelques centaines d'euros versés sous la table au chirurgien en "dépassement d'honoraires" qui peuvent les faire hésiter. De la même façon, ils paieront UPS ou DHL sans sourciller : ce n'est pas eux qui auront besoin d'un bureau de poste pour aller toucher un mandat, des allocations, ou toute autre aide sociale.
La valeur de service public de la poste est surévaluée, son service au public minable, sa valeur économique n'a plus de raison d'exister. Qu'essaie de faire croire cet article, je ne comprends pas bien, il serait bien plus important d'accélerer l'accés à internet a toute la population et surtout dans les campagnes sinon. Pour le reste il y a des solutions économiques mais qui ne nécessitent pas le maintien de l'existence de la Poste telle qu'elle existe.
La poste coute chere rend des services certes mais le mieux c'est de la privatiser, l'Etat n'a rien a faire dorénavant dans cette histoire, et surtout d'y mettre de l'argent du contribuable.
Il sera moins cher de leur payer un accès internet et un PC portable que de maintenir ce type de service.
Je n'ai pas d'avis sur la privatisation de la poste mais:
Une erreur factuelle importante importante qui montre que vous êtes dans la dénonciation : L'état depuis plus de 50 ans n'a jamais mis un sou dans la poste.
Vous plaidez en fait pour le maintien de la poste dans le service public, parce que si privatisation il doit y avoir, elle ne doit surtout pas se faire pour des raisons purement idéologiques.
L'Etat n'a sourtout pas à être impliqué dans des domaines ou il n'a rien a y faire car les enjeux ne sont plus stratégiques depuis au moins 15ans, d'ailleurs une grève à la poste est devenue un non-événement. Tout le monde s'en fout sauf si cela doit couter au contribuable.
(à vérifier: Les postiers sont-ils considérés comme des fonctionnaires ce que je crois, si cela est le cas tous les retraités de la poste coutent de l'argent aux contribuables tous les mois puisque l'Etat ne provisionne pas les retraites....)
Petite vision étriquée et égoïste d'un citadin qui ne voit d'intérêt à la Poste car il habite à quelques minutes à pieds d'une agence bancaire, car ill a l'âge et les moyens d'utiliser un ordinateur pour se connecter à un accès internet haut-débit.
La France n'est pas qu'urbaine même si on entend surtout les urbains se plaindre dans les médias d'habiter en ville ce qui coûte cher de vivre dans les rejets du à la concentration de gaz pollués et de ne pas pouvoir consommer les légumes du champ en bas de chez eux.
Une partie de la population même urbaine n'a pas accès à internet (trop jeune, trop vieille), une partie n'a pas accès à du haut débit car dans des zones blanches ou bas débits (et la nuance est de taille), ou à une banque à chaque coin de rue car elle est rurale, et n'a pas forcément de véhicule pour aller dans la chef lieu de canton jusqu'à l'agence bancaire la plus proche.
Oui, la Poste est un des derniers services publics qui permette de conserver voire d'attirer une partie de la population hors de villes toujours plus grandes et invivables, c'est un outils de décentralisation et de déconcentration.
Sans la Poste en campagne, plus de personnes âgées sans voiture, plus d'entreprises qui ont besoin d'un bureau proche pour les opérations postales ou bancaires, plus de commerce (comment retirer de l'argent liquide dans le village pour ses courses quotidiennes : s'il faut pour avoir un billet de banque aller en ville, autant acheter sa baguette de pain là-bas).
Il y a toujours 2-3 geeks ultra-libéraux qui ne pensent qu'à leur cas de figure et ne s'imaginent pas que les autres puissent être différents ou alors, ce sont des C... et c'est bien fait pour eux.
Il y a toujours 2-3 personnes sans jugeotes qui ne voient pas plus loin que le bout de leur petit nez et qui se disent que dans un monde dérégulé où la solidarité ne rimerait surtout pas avec effort et où ils sont persuadés qu'ils s'en sortiront mieux surtout si l'Etat réapparait dés qu'ils faut payer leurs erreurs et leurs excès de gourmandise, leurs "toujours plus pour moi, rien pour les autres".
Dans 10-15 ans, la disparition de tranches de la population (personnes âgées, personnes illettrés, n'ayant pas d'ordinateurs chez eux ou d'accès à un réseau informatique rapide, fiable, ...) permettra peut-être de ne plus avoir de courrier de moins de 20 grammes, ce n'est pas encore le cas et bien assumons et payons collectivement la facture !