Culture

La narcoculture sur Instagram, le summum du #Yolo

Temps de lecture : 2 min

L'esthétique des magnats de la drogue a pénétré le réseau social, au bonheur des amateurs de bling et des forces de l'ordre.

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Une photo publiée par Mexican Cartel (@cartel_luxury) le 3 Mars 2015 à 6h06 PST

Des liasses de billets verts, de belles femmes latinos incendiaires sur fond de kalachnikovs plaquées or... L'esthétique narcoculture est aujourd'hui présente sur Instagram. Le compte cartel_Luxury rassemble, par exemple, 27.000 followers, dont des personnalités et des comptes aussi hétéroclites que Vin Diesel et la Nasa... Les hashtags #narcos ou #narcostyle fleurissent en ligne, référençant des images à la fois esthétisées et outrancières, où il est toujours question d'armes, de félins apprivoisés, de chevaux et diamants en tout genre.

Selon Arturo, jeune mexicain de 25 ans adepte de cet univers, la narcoculture n'est que la version mexicaine du hashtag #Yolo, comme le rapporte le site américain The Kernel. Colin Gunckel, un historien de l'université du Michigan, spécialiste de la culture média latino explique:

«C'est une sorte de majeur levé aux gouvernements mexicain et américain, ça attire les gens même si ça a des conséquences désatreuses [...] À Mexico, vous ne pouvez pas porter votre belle montre ou d'autres accessoires qui se rattachent à cette esthétique, du coup les réseaux sociaux sont un moyen de les mettre en avant d'une manière qui ne serait pas envisageable en public pour plusieurs raisons.»

Trahi par Twitter

Les personnes qui postent des contenus relatifs à la narcoculture ne sont pour la plupart pas eux-mêmes des grands caïds des cartels, mais d'abord des internautes exaltés par ces images, plus ou moins liés au mouvement. Mais l'entrée de cette esthétique sur les réseaux sociaux peut dans certains cas avoir des répercussions pour les narcotrafiquants en activité.

La police de San Francisco s'est par exemple servie de photos d'armes sur Instagram pour obtenir une perquisition chez un mineur

Comme le rapporte CNN, le grand magnat de la drogue El Chapo a par exemple été localisé au Costa Rica fin août 2015 à cause d'un tweet de son fils mal paramétré. Le trafiquant, présenté par la magazine Forbes comme «le plus puissant au monde», s'était enfui de prison en juillet dernier en creusant un tunnel depuis sa douche dans l'un des seuls angles morts échappant aux caméras.

L'agent Instagram

André José Rodrigo Arechiga Gamboa, figure éminente du Cartel de Sinaloa, une organisation criminelle mexicaine internationale, était ausi très actif sur Twitter avant son arrestation en 2013. Il avait notamment était trahi par des photos qu'il postait sur le réseau social où revenait de manière récurrente une bague à tête de mort, effigie du cartel.

La recherche de preuves sur les réseaux sociaux est une pratique qui se développe. D'après un article de Business Insider datant d'août 2015, la police de San Francisco s'est par exemple servie de photos d'armes sur Instagram pour obtenir une perquisition chez un mineur qui a mené à sa condamnation. Dans cette affaire, la police revendiquait avoir son «agent Instagram».

Slate.fr

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