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Les Verts allemands veulent créer une «police européenne de Facebook»

«Honte à Facebook» (REUTERS/Elijah Nouvelage)

«Honte à Facebook» (REUTERS/Elijah Nouvelage)

Leur cible? Les nombreux discours de haine tenus sur le réseau social et pas supprimés ou poursuivis.

Ces dernières semaines, les posts xénophobes à l'égard des réfugiés qui arrivent en Allemagne se multiplient sur les réseaux sociaux. Un internaute berlinois s'est même «réjoui» sur Facebook de la mort du petit garçon syrien retrouvé noyé la semaine dernière sur une plage turque. Il fait désormais l'objet d'une enquête pour avoir «diffamé la mémoire d'un mort et incité à la haine». Mais la plupart des internautes qui tiennent des propos racistes et haineux sur les réseaux sociaux ne sont pas inquiétés.

Le groupe des Verts allemands au parlement européen veut changer la donne en créant une «police de Facebook», rapporte le quotidien Die Welt. Comme l'explique Jan Philipp Albrecht, porte-parole du parti écologiste sur les questions relatives à l'Intérieur et la Justice, à l'agence de presse Redaktionsnetzwerk Deutschland:

«Nous devons de toute urgence mettre en place une section qui, au sein de la police européenne Europol, puisse passer systématiquement au crible les forums et les réseaux sociaux en travaillant étroitement avec les services de police locaux et lancer des poursuites efficaces même au-delà des frontières.»

Réfugiés ne serait pas une catégorie de personnes

Jan Philipp Albrecht prône également l'adoption d'une législation commune, afin que Facebook ne puisse plus se cacher derrière une multiplicité de lois parfois contradictoires:

«Nous avons absolument besoin de règles communes précises qui définissent ce qui dépasse ou pas les limites sur des plateformes telles que Facebook.»

L'entreprise américaine refuse, en effet, la plupart du temps de supprimer ces posts. Le ministre allemand de la Justice, Heiko Maas (SPD), a enjoint le réseau social à plusieurs reprises à durcir ses règles d'utilisation, insistant sur le fait que «Facebook ne doit pas être un forum pour les néonazis».

Récemment, le Manager Magazin prenait l'exemple d'un post xénophobe qui n'avait pas été supprimé par Facebook, l'entreprise américaine ne considèrant pas les termes de «migrants» et «réfugiés» comme une catégorie de personnes:

«Si l'auteur des propos avait dénigré les Albanais ou les Syriens, son post aurait alors été effacé. Les standards de la communauté auxquels se réfère Facebook ne prennent pas en compte le terme de réfugiés.»

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