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Les bébés se livrent à de nombreux gestes violents non provoqués

grouch | greg westfall via Flickr CC License by

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Mais, heureusement, ça se tasse après l'âge de 2 ans.

La cruauté des enfants est parfois incompréhensible. Morsures, tapes et griffures désamparent les parents et font passer leur progéniture pour des petits monstres de méchanceté gratuite.

Selon l'adage désormais bien connu, Freud les décrit même comme des «pervers polymorphes» dans ses Trois essais de la théorie sexuelle. Il évoque avec ce terme leur sexualité naissante et primitive, mais aussi leurs pulsions décousues et éparses, qui n'aiment pas être contrariées et qui peuvent parfois donner l'impression de sadisme.

Attirer l'attention 

C'est à ces pulsions que s'intéresse une nouvelle étude américaine parue en août 2015 dans la revue Developmental science et commentée par Research Digest. Menée par Audun Dahl, chercheur à l'université de Californie à Santa Cruz, elle explique que les petits gestes agressifs commis par les enfants les plus jeunes correspondent plutôt à un jeu et à une manière d'attirer l'attention qu'à une réponse à un stress, à une attaque ou à une frustration. Bref, que ces actes sont délibérés. Le chercheur parle de «force exploratrice».

Pour réaliser son étude, Audun Dahl a interrogé 74 mamans avec des enfants entre 11 et 24 mois. 76% d'entre elles ont répondu que la dernière fois que leur enfant avait eu un geste désagréable ou agressif envers quelqu'un, ce n'était pas dans un moment de frustration ou d'anxiété particulière. Ce chiffre peut notamment expliquer les résultats d'une précédente étude, dans laquelle les mères disaient percevoir un certain plaisir dans le fait de nuire chez leur enfant. 

Après 2 ans, une poussée des violences provoquées

Le reste des mères interrogées par Audun Dahl ont répondu à 26% que leur enfant avait commis un acte agressif après un moment de contrariété (vol d'un jouet par exemple) et 3% ont répondu que l'acte de leur bébé était accidentel. 

Pour confirmer ces premiers résultats, il a ensuite filmé les jeunes enfants chez eux à différents âges de la petite enfance. Le chercheur en déduit que ces gestes gratuits, principalement tournés vers les parents puis les frères et soeurs, connaissent un pic à 18 mois. Ils s'espacent ensuite après l'âge de 2 ans, les enfants ayant davantage conscience du mal causé aux autres et des règles à suivre. À l'inverse, la violence répondant à une provocation a tendance à augmenter avec le temps. Mauvaise nouvelle, celle-ci serait bien le reflet d'un manque de confiance en soi.

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