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Les deux-tiers des terroristes qui agissent de manière isolée annoncent leur projet d'attentat à l'avance

Djohar Tsarnaev, un des auteurs des attentats du marathon de Boston en 2013 (Djohar Tsarnaev)

Djohar Tsarnaev, un des auteurs des attentats du marathon de Boston en 2013 (Djohar Tsarnaev)

Une étude américaine s'est penchée sur le profil d'une centaine de terroristes depuis 1940.

Depuis le 11-Septembre, deux-tiers des terroristes isolés ont parlé de leurs projets d'attentat à des proches ou sur les réseaux sociaux avant de passer à l'acte, rapporte Quartz. Selon une étude financée par le ministère de la justice américain, ces personnalités font tout pour attirer l'attention à leur égard, y compris parler de leurs projets de tueries sur Facebook, Twitter, par e-mail, ou SMS. 

Le rapport rédigé par Ramon Spaaij et le criminologue Mark Hamm conseille aux forces de l'ordre de se concentrer sur les déclarations publiques de ces individus pour tenter de prévenir les attaques. Dans le cas de Paul Ciancia, qui a tué un officier de sécurité à l'aéroport de Los Angeles en 2013, la tuerie a par exemple failli être arrêtée à temps. Ciancia avait en effet envoyé plusieurs SMS à son frère évoquant des projets de suicide, et le frère a rapidement contacté la police, qui est arrivée quelques minutes trop tard à l'appartement du tueur. 

Des profils plus âgés et moins éduqués  

Parmi les autres exemples récents de «loups solitaires» aux États-Unis, c'est-à-dire des individus qui commettent des actes de violence politique mais ne font pas partie d'un réseau bien défini, il y a Dylann Roof, qui a tué neuf noirs dans une église de Caroline du Sud, ou encore les frères Tsarnaev, auteurs des attentats du marathon de Boston.

Les auteurs du rapport ont étudié le profil de près de cent de ces personnalités depuis 1940 aux États-Unis. Il en ressort que, comparé aux terroristes de réseaux comme al-Qaïda, ces terroristes isolés sont plus vieux, moins éduqués, et ont plus tendance à avoir des problème de santé mentale et un casier judiciaire.

Ils ont aussi trouvé que depuis le 11-Septembre, un quart des projets d'attentats de «loups solitaires» faisaient l'objet d'opérations des forces de l'ordre, avec agents infiltrés. Pour Ramon Spaaij, cette fréquence pose la question de l'utilité de ces opérations où des suspects sont surveillés en vain voire encouragés à planifier des attentats avant d'être arrêtés.

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