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Sur l’AppStore, les «jeux de fille» dégueulent de rose et de clichés

Captures d'écran de plusieurs jeux sur App Store.

Captures d'écran de plusieurs jeux sur App Store.

Une blogueuse a compilé des statistiques sur les principales applications pour enfants proposées par Apple. Et les résultats ne sont pas flatteurs.

La majorité des principaux «jeux pour filles» proposés par l’AppStore portent sur l’apparence, la cuisine, la décoration ou le soin. C’est le constat fait par la blogueuse Sophie Gourion, qui a étudié les 100 premières applications taguées de la sorte ainsi que celles taguées «Jeux pour garçons» du magasin en ligne de la firme américaine. Sa méthode: classer les applications en fonction de huit catégories différentes, avec par exemple «Beauté/Cuisine/Décoration/Care», «Action/Rapidité/Adresse», «Construction/Stratégie», «Musique», etc.

Or, constate la blogueuse féministe, 57% des 100 premiers jeux pour filles pouvaient être rattachés à la première catégorie. Seulement 21% des jeux tagués ainsi s’inscrivent dans la catégorie «Action/Rapidité/Adresse». 8% pouvaient dans la catégorie «Jeu de construction ou de stratégie» et 4% dans la catégorie «graphisme».

«Un monde ultra binaire»

Avec Apple, les petits garçons quant à eux n’apprendront pas à devenir de bons papas ou à prendre soin de leur apparence: seulement 7 applications sur 100 taguées «Jeux de garçons» entrent dans la catégorie «Beauté/Cuisine/Décoration/Care». Les jeux d’action, de rapidité et d’adresse représentent en revanche 65% des applications, note Sophie Gourion.

Un jeu consiste à courir dans un centre commercial en attrapant un maximum de sacs de shopping

Certaines véhiculent par ailleurs des clichés dégradants, qui entretiennent l’idée de femmes frivoles et écervelées. Comme «Mall Shopping Run», qui consiste carrément à courir dans un centre commercial en attrapant un maximum de sacs de shopping. 

«Après avoir compilé plus de 200 jeux, je garde en tête la vision d’un monde ultra binaire, sorte de persistance rétinienne d’un univers très stéréotypé», se désole Sophie Gourion.

Un jeu de coiffure pour filles et garçons

«Dans de nombreuses applications, la représentation du genre est très stéréotypée et la diversité sociale ou ethnique est très rare», reconnaissait récemment Raul Gutierrez, développeur au sein de l’entreprise de jeux pour enfants Tinybop, dans les colonnes du journal britannique The Guardian.

Point positif, l’un des leaders du secteur, Toca Boca, a fait appel à un consultant pour éviter les stéréotypes dans ses jeux et affirme avoir très bien vendu un jeu où les enfants peuvent jouer les coiffeurs en herbe («Toca Hair Salon 2») sans avoir besoin de le couvrir de rose et de clichés féminins.

L’entreprise Goldie box développe quant à elle des applications ayant pour thème l'ingénierie, la construction ou la technologie pour les filles, afin de faire d’elles «autre chose que des princesses».

Mais l’implication des développeurs et des firmes a aussi ses limites. L’entreprise Tinybop qui avait essayé une icône rose pour son jeu de robots, a dû y renoncer, faute de ventes, confie Raul Gutierrez. Une manière de dire que la balle est aussi dans le camps des parents...

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