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Pour réaliser le Grand Chelem en tennis, l'US Open n'est pas le plus grand obstacle

Serena Williams, après sa victoire face à Madison Keys, lors de l'US Open, le 6 septembre 2015. REUTERS/Carlo Allegri.

Serena Williams, après sa victoire face à Madison Keys, lors de l'US Open, le 6 septembre 2015. REUTERS/Carlo Allegri.

Serena Williams est en passe de devenir la première joueuse de tennis à réaliser un Grand Chelem en simple –gagner l'Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon et l'US Open sur la même année calendaire– depuis Steffi Graff en 1988. Voici près de trente ans qu'aucun joueur ou aucune joueuse n'a réussi à dominer sa discipline d'une telle manière et l'Américaine n'est plus qu'à trois petits matchs de l'exploit. Elle doit affronter sa sœur, Venus, 23e joueuse mondiale, dans la nuit du mardi 8 au mercredi 9 septembre pour une place en demi-finale.

La numéro un mondiale a été plutôt épargnée lors de cet US Open. Suite aux éliminations au premier tour d'Ana Ivanovic (numéro 7 mondiale) et Karolina Pliskova (numéro 8 mondiale), elle devra attendre la finale pour affronter une joueuse du top 10 WTA.

Sur les sept joueurs à s'être présentés du côté de Flushing Meadows en ayant déjà remporté les trois tournois majeurs précédents –dont un à deux reprises–, seuls deux n'ont pas réalisé le Grand Chelem: les Australiens Jack Crawford et Lew Hoad en 1933 et 1956. Les cinq autres, Don Budge (1938), Maureen Connolly (1958), Rod Laver (1962 et 1969), Margaret Court (1970) et Steffi Graf (1988) sont rentrés un peu plus dans l'histoire du tennis.


L'US Open n'est par ailleurs pas le tournoi sur lequel les joueurs et joueuses se cassent le plus les dents quand ils réalisent un «Petit Chelem». S'ils terminent la saison avec trois des quatre tournois majeurs, c'est plutôt parce qu'il leur manque Roland-Garros (12 sur 30), l'Open d'Australie (10 sur 30) et enfin Wimbledon (6 sur 30). Ce qui est logique, Roland-Garros (terre battue) et Wimbledon (gazon) étant les surfaces les plus «clivantes», tandis que l'Open d'Australie, premier tournoi majeur de la saison, a longtemps été déconsidéré: «Je suis quasiment certaine que j'aurais pu gagner le Grand Chelem, mais en 1972, l'Open d'Australie était vraiment un tournoi mineur», a un jour déclaré Billie Jean King, qui avait séché le tournoi cette année là avant de remporter les trois autres levées. A l'inverse, «l’US Open, comme une synthèse de la saison, est probablement l’épreuve qui offre le spectacle le plus homogène en qualité», a écrit notre spécialiste tennis Yannick Cochennec. «C’est un Grand Chelem pour les forts et il n’y a qu’à regarder son palmarès chez les hommes pour le constater.»

Serena Williams a déjà réussi un Grand Chelem «tronqué», qui consiste à remporter les quatre tournois consécutivement, mais sans l'obligation calendaire. En juin dernier, Yannick Cochennec notait que «la pression de devoir réussir cet exploit d’un seul trait, lors d’une même saison, est évidemment plus forte que de le parachever en deux étapes avec la coupure des vacances de fin d’année»

Steffi Graf, auteure du dernier Grand Chelem, en 1988, avait d'ailleurs évoqué cette pression dans L'Equipe, le 25 juin dernier:

«C’est à partir de Wimbledon que cette notion de Grand Chelem m’est tombée dessus. Les médias n’ont plus arrêté d’évoquer ça. Et ça a atteint son paroxysme à Flushing Meadows. C’était absolument terrible. Tout le monde me parlait de cette échéance alors que je ne comprenais pas cette attente. Il faut se souvenir que je n’avais que 19 ans. Cela m’a littéralement épuisée!»

Mais Serena Williams semble beaucoup plus relâchée et prête à y faire face:

«"Ce n'est pas tout le monde qui peut supporter cette pression, mais moi, ça me va", raconte pourtant la n°1 mondiale, qui semble imperméable face à toutes ces attentes. "Je suis prête à attaquer le tournoi et à en finir avec tout ça."»

D'autant que l'Américaine a déjà remporté le tournoi à six reprises et joue devant son public. En quatre matchs, elle n'a concédé qu'un seul set, même si elle s'est déjà fait peur, comme lors de ce match du troisième tour face à sa compatriote Bethanie Mattek-Sands. Lors des trois premiers tournois du Grand Chelem, elle avait perdu respectivement deux, cinq et deux sets, frôlant par exemple la défaite à Wimbledon, où elle avait été menée 3-0 au troisième set par la Britannique Heather Watson, qui avait ensuite servi pour le match à 5-4.

En cas de victoire, Serena Williams en profiterait pour se rapprocher un peu plus de record de victoires en Grand Chelem en simples, toujours détenu par Margaret Court (24). Elle n'aurait alors «plus que» deux tournois à remporter pour la rejoindre et asseoir un peu plus sa place dans le Panthéon du tennis.

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