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Pourquoi les États-Unis n'ont jamais été la tasse de thé du pape François

Fresque du pape François à Manhattan à New-York en cours d'exécution pour sa venue en septembre 2015 (Berman McDermind/Reuters)

Fresque du pape François à Manhattan à New-York en cours d'exécution pour sa venue en septembre 2015 (Berman McDermind/Reuters)

Ce n’est pas un hasard s’il s’y rend pour la toute première fois ce mois-ci.

Du 22 au 27 septembre prochain, le pape François se rendra pour la toute première fois de sa vie aux États-Unis. Ses prédecesseurs, Benoît XVI et Jean Paul II, avaient, eux, déjà visité le pays avant d'accéder à la fonction suprême.

Pourquoi les États-Unis ne font-ils pas partie de la culture du pape François? À quinze jours de cette visite officielle, le New York Times plonge aux racines de cette relation distante. En tout premier lieu, Jorge Mario Bergoglio, archevêque sud-américain qui se range du côté des pauvres et prône un frein à la consommation dévergondée, se méfie du pays symbole du capitalisme qui fait passer ses intérêts en premier.

Un jésuite tourné vers l'Europe et la périphérie

D’un point de vue très pratique, sa retenue envers l'Amérique du nord s’explique d’abord par une question de langue. Le pape François ne parle pas bien anglais, c’est un hispanique. 

Sur un plan plus moral, il se présente comme un pape de terrain, qui défend les personnes marginalisées

Selon la journaliste Laurie Goodstein, auteure de l’article, le pape François est «un jésuite d’ascendance italienne qui regarde plus vers l’Europe que vers l’Amérique du nord». Il s’est aussi rendu dans des pays que les médias occidentaux médiatisent peu, comme la Corée du Sud, le Sri-Lanka, les Philippines et l’Équateur. Son rôle a été déterminant dans le réchauffement des relations entre Cuba et les États-Unis.

Sur un plan plus moral, il se présente comme un pape de terrain, qui défend les personnes marginalisées des «périphéries», que les systèmes économiques écartent et isolent. À bien des égards, comme le confirme le témoignage de Juan Carlos Scannone, un universaitaire de Buenos Aires, les États-Unis sont un contre-exemple à cause de leur «consumérisme». C’est aussi et d'abord le pays qui se «croit au centre de tout».

Une méfiance réciproque

Ne vous fiez pas aveuglément à la grande fresque représentant le pape François, réalisée à l'occasion de sa venue, au Madison Square Garden. Alors que les Américains représentent la quatrième population catholique au monde, beaucoup ne sont pas convaincus par le souverain pontife, comme le rappelle un article du Washington Post qui remonte à juillet 2015. 

À la fois dérangeant pour les conservateurs à cause de ses positions sur l'environnement et les problèmes économiques, et décevant pour les progressistes en raison de sa frilosité sur les questions liées à l'homosexualité et la place des femmes dans le culte, le pape François est critiqué sur plusieurs fronts. Selon les chiffres de l’entreprise de sondage Gallup, il est passé de 76% d’opinions favorables en 2014, à 59% en 2015 pour les tous les Américains confondus. Chez les catholiques, il est tombé de 89 à 71%, chez les conservateurs de 72 à 45%, et chez les progressistes de 82 à 68%.

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