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Toutes folles de nuit

Las Vegas im Prinzzclub 061 | Tim via Flickr CC License by CC

Las Vegas im Prinzzclub 061 | Tim via Flickr CC License by CC

Quand le jour tombe, tout le monde a un grain, mais personne n’a le même. Et vous, quelle est votre pathologie?

On connaissait le coup de bambou: cet accès de folie qui s’empare de celui qui est resté trop longtemps au soleil. Mais connaissez-vous le coup de BAMBAN? (pour info BAMBAN = Bipolarité, Amnésie, Mythomanie, Boulimie, Anorexie, Nymphomanie, mais ne le cherchez pas sur Doctissimo, on vient de l’inventer). Ça, c’est ce qui vous arrive pendant vos soirées de débauche. Pas une folie furieuse, mais un cocktail de symptômes embarrassants qui vous inquiéteraient s’ils n’étaient pas intimement liés à la fête et à la nuit. 

Le lendemain, tout a disparu. Sauf les photos gênantes et les souvenirs de vos amis les plus sages qui ne manqueront pas de vous rappeler que votre vœu de chasteté «je ne couche plus avec personne pendant six mois» a pris un sacré coup de plomb dans l’aile (ou la cuisse) au moment où vous avez mimé une fellation devant Julien M., la bouche remplie de chipsters, en racontant comment Colin Farrell (vous êtes quasi-sûre que c’était bien lui) vous avait montré son gros Curly dans un pub poisseux des Grands Boulevards. Un moment de gênes combinées 100% BAMBAN. Stylist vous en détaille les effets.

1.La mythomanie

Vous avez fait de l’adage de Cocteau, «La vérité est trop nue, elle n’excite pas les hommes», votre mantra nocturne. Ce n’est pas que vous racontez complètement n’importe quoi, mais il faut vous reconnaître un certain sens de la narration. Vous n’hésitez pas à expliquer que vous avez eu une connexion démente avec Passi au Wanderlust, alors que vous l’avez harcelé toute la soirée pour lui parler du marché de Sarcelles. À vous écouter, vous étiez la reine du Palace. Sauf que vous n’avez jamais réussi à en voir plus que le physio qui vous a dit non (laissez tomber, il y aura toujours plus mytho que vous pour vous expliquer qu’à la fin, c’était plus pareil). 

Vous vivez dans un univers qui n’existe pas –votre tête–, mais où vous imaginez que tout le monde vous regarde. Au cas où, vous déambulez dans les rues désertes avec des poses de Monica Bellucci –vous remontez à deux mains le col de manteau avant de traverser la rue, la cigarette coincée entre les dents et les yeux mi-clos (attention, en fin de soirée, on risque de vous prendre pour Béatrice Dalle). 

Wake up call: souvenez-vous que c’est à cause de gens dans votre genre que vous avez commencé à moins sortir: vous saturiez d’entendre toujours la même histoire sur comment je me suis tapé Nicolas Duvauchelle

2.La nymphomanie

D’une pudibonderie de Texane le jour, vous vous transformez le soir venu en enterrement de vie de jeune fille à Vegas à vous toute seule (vous oubliez que ce qui se passe au Mauri7 ne reste pas au Mauri7). Débarrassée des cernes et du teint blafard que vous croisez toute la journée dans le miroir des toilettes de l’entreprise, vous vous sentez mega-belle-gosse sous la douce lueur des braseros et dans la brume des pots d’échappement. 

Tout en cheveux et bouche constamment entrouverte, vous décrochez des clins d’œil entendus au serveur qui vous propose un café gourmand, gloussez bêtement quand il vous demande s’il vous en remet une et vous hurlez des compliments #foodporn aux garçons qui passent dans la rue (on vous le répète, vous n’êtes pas à Vegas, ils comprennent le français). Vous êtes tellement dopée à vos propres phéromones que vous perdez le sens commun (vous décelez un potentiel de guépard dans ce petit homme au physique de blatte), et celui de la mesure (vous lui rejouez L’Empire des sens alors qu’il s’est déjà à moitié endormi dans votre lit tiré au cordeau). 

Wake up call: les petites pattes aux mains avides qui se poseront sur votre joue fatiguée au réveil. 

3.L'anorexie/Boulimie

À midi, vous étiez en train de faire la morale à la personne qui avait la joie de déjeuner en face de vous parce que le ratio féculents-protéines-fibres de son assiette ne respectait pas les recommandations de Gwyneth Paltrow. À 16 h, vous avez préféré une pomme à un macaron vanille-culotte de cheval. Puis à 20 h, vous êtes partie prendre un verre avec des amis. Et là, contrevenant au premier commandement du noctambule –TOUJOURS DÎNER– vous avez déclaré à qui voulait bien l’entendre que «manger, c’est tricher»

À 23 h, l’œil fou, la lèvre violette et l’estomac vide, vous avez fini par commander une assiette de charcuterie que vous avez attendue en répétant: «J’ai faim, pas toi?» de manière déraisonnable. Nadine de Rothschild n’aurait d’ailleurs pas validé du tout la façon dont vous avez dévoré l’assiette encore accrochée au bras du serveur. Une fois couchée, vous êtes assaillie par un autre trouble alimentaire: la potomanie. Vous dormez par tranche de douze minutes, contrainte de vous réhydrater comme si vous étiez de la ciboulette Ducros, avant de retomber dans un sommeil agité, peuplé de cascades de chewing-gum que vous n’arrivez jamais à attraper.  

Wake up call: la nuit, il n’y a que les loups-garous qui changent de métabolisme. Si vous voulez rester belle jusqu’au matin (et intelligente), mangez avant qu’il ne soit trop tard (après ça ne sert plus à grand-chose). 

4.La bipolarité

Alors que la journée, vous êtes globalement d’humeur égale (vous vous foutez de tout), la nuit vous transforme en junkie émotionnelle. Sous l’effet conjugué de l’alcool et des crépitements de néon –une méthode éprouvée par la CIA–, vous passez en mode sans filtre et switchez d’un état psychique à l’autre sans plus de transition que de recommander des cacahuètes. Après avoir ri aux larmes de la bonne blague que vous venez de vous raconter, vous tombez dans l’abattement le plus total en vous rappelant que vous ne serez jamais Beyoncé. 

Parce que vous avez fait l’effort de vous extirper de votre Snuggie et de vous laver les cheveux, vous attendez énormément de la fête où vous avez daigné vous rendre, ce qui vous plonge dans un état d’hypersensibilité accru –et un peu gênant pour votre entourage. En fin de soirée, on vous retrouve généralement pleurant à chaudes larmes, un grand sourire aux lèvres au milieu de la piste de danse (vous êtes en pleine épiphanie: la vie, c’est si beau. Mais si triste. Mais si beau.). 

Wake up call : sortez plus, passez moins de temps à vivre par procuration au cinéma.  La nuit n’a pas toujours la même intensité que dans les films de James Gray. Mais ça peut être vraiment sympa quand même. 

5.L'amnésie

Hier, après la fête d’un type dont vous avez oublié le nom (Thomas ou Thibaut), vous vous êtes apparemment télétransportée avec une copine et un de ses potes dont vous n’arrivez plus précisément à vous souvenir du visage chez une amie à eux dans le XIe ou le XXe. C’était vers 2 h. Après un trou spatio-temporel incompréhensible, vous avez refait surface dans la cuisine sur les coups de 4 h. La fête battait son plein et vous avez eu une conversation géniale à propos d’un sujet qui vous a échappé depuis avec un type qui travaille pour Google, ou Apple, ou Macdo. Il vous a parlé d’un site fabuleux pour déménager ou repeindre, vous n’êtes plus sûre, mais il était trop marrant. 

Puis plus tard, ou avant, vous avez dansé sur votre chanson préférée, en demandant «c’est qui ça déjà?» à votre BFF qui ne savait plus où elle avait mis son sac. Après avoir cherché le vôtre pendant une bonne vingtaine de minutes (flash, vous n’en aviez pas en fait), vous avez fini par apparaître dans un taxi qui a dû vous déposer vers chez vous puisque vous vous êtes réveillée ce matin dans votre lit avec une tisane pas bue (qui l’a préparée ?) sur votre table de nuit. Une note sur votre téléphone écrite à 3h45 indique : «Trop grande maîtrise du territoire». 

Wake up call : celui d’un certain Théophile qui vous envoie un texto dans l’aprem «Yo, toujours partante pour m’aider à déménager?» 

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