Parents & enfants

L’idée d’un «temps qualitatif» avec nos proches est un mythe

Temps de lecture : 2 min

Cette idée qu’on peut passer moins de temps avec ses proches mais de meilleur qualité est utilisée pour s’absenter. Mais l’intimité ne se planifie pas: il lui faut des instants propices, et donc du temps.

 Happy Family  | David Amsler via Flickr License by CC
Happy Family | David Amsler via Flickr License by CC

«Ce n’est pas la quantité de temps passée qui compte, mais la qualité.» Voilà une maxime dont on use généralement pour exprimer qu’il vaut mieux passer quelques heures avec ses proches où l’on est vraiment attentif que plusieurs jours sans être à leur écoute.

C’est vrai, des études sociologiques l'ont d'ailleurs prouvé, mais cela ne doit pas devenir une excuse pour s’absenter, fait remarquer un chroniqueur au New York Times. L’idée de «qualité du temps» est un mythe, qui nous fait manquer de précieux moments d’intimité avec nos proches, qui ont besoin de durée pour éclore, explique-t-il dans un article émouvant, témoignage d’amour à ses proches et invitation à garder les yeux ouverts sur l’essentiel.

Frank Bruni raconte que sa famille organise chaque année une semaine de vacances communes. Comme beaucoup de ses collègues qui trouvent «assommant» de passer sept jours complets «enfermé» avec tant de gens, l’auteur avait coutume de s’y rendre un jour plus tard, et de partir un ou deux jours plus tôt. Après tout, les moments les plus courts ne sont-ils pas les plus agréables? Un changement d’habitude lui a fait prendre conscience de son erreur.

Pas d’émotions sur commande

Nous nous voilons la face avec des simulacres d’intimité, explique le chroniqueur: «un ballon pour un enfant, un verre de vin à son épouse». Nous en reviendrons avec l’idée d’avoir vécu quelques chose, mais nous serons en fait passé à côté de nos proches, si nous réduisons le temps passé à sa portion congrue.

«Il n’y a tout simplement pas de substitut à la présence physique, explique le journaliste. Nous nous leurrons quand nous affirmons autre chose, quand nous invoquons et vénérons le “temps qualitatif”, une expression de jargon commercial usée jusqu'à la trame qui inclut une promesse douteuse: comme si nous pouvions planifier de rares confidences, prévoir des éruptions de tendresse, ou organiser un moment d’intimité à une heure donnée. (...)

Les humains n’opèrent pas sur commande, ou du moins leurs humeurs et leurs émotions ne se contrôlent pas ainsi. (...) Le moyen le plus sûr de tomber sur les couleurs les plus vives ou les plus sombres, c’est d’observer et d’être prêt à les recueillir.»

Slate.fr

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