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En 1989, la Hongrie avait permis la fuite de réfugiés et la fin du Rideau de fer

Un Est-Allemand passe la frontière austro-hongroise, le 10 septembre 1989. REUTERS/Str New.

Un Est-Allemand passe la frontière austro-hongroise, le 10 septembre 1989. REUTERS/Str New.

C’est sans doute ce qu’on appelle l’ironie amère de l’histoire, soulignent plusieurs médias : la Hongrie de Viktor Orban, pays qui a bloqué ces derniers jours plusieurs milliers de réfugiés avant que ceux-ci ne soient pris en charge par l'Allemagne et l'Autriche, avait contribué de manière décisive, en 1989, à la chute du Rideau de fer en ouvrant sa frontière avec l’Autriche, permettant à des réfugiés est-allemands de gagner l’Ouest.

Cette année-là, le régime de Budapest, en voie de libéralisation, avait décidé début mai de démanteler progressivement le Rideau de fer le long de sa frontière avec l'Autriche. Le 19 août 1989, une manifestation organisée à la frontière austro-hongroise, près de Sopron, avait abouti à la fuite d'environ 600 Est-Allemands. Cette semaine, des migrants ont tenté de prendre le contrôle d’un train affichant des inscriptions («Une Europe sans frontières depuis 25 ans») symbolisant cet événement appelé le «pique-nique paneuropéen», dont le Financial Times rappelle l’importance symbolique:

«La fête à la frontière austro-hongroise a constitué le début de la fin de la Guerre froide. De cette brèche dans le Rideau de fer est sortie l’époque la plus libérale en matière de circulation en Europe depuis le début de la Première Guerre mondiale. Elle a engendré Schengen, une zone couvrant 26 pays où il est possible de voyager sans passeport, une terre où les postes-frontières intérieurs se sont transformés en stations-essence et magasins de confiserie. » 

Comme le souligne le Telegraph, le chancelier ouest-allemand Helmut Kohl, au pouvoir au moment de la Réunification, a un jour déclaré que «c’est en Hongrie qu’a été retirée la première pierre du Mur de Berlin». Reuters affirme par ailleurs que des pancartes ont été cette semaine apposées à Vienne, remerciant les Autrichiens de ne pas avoir fermé leur frontière en 1956 quand des Hongrois ont voulu fuir après l'écrasement de la révolution par l'Armée rouge.

Trente-trois ans plus tard, en juin 1989, un jeune étudiant chevelu avait prononcé, lors de la cérémonie de «réenterrement» de l'ancien chef de gouvernement Imre Nagy, fusillé par le pouvoir pro-soviétique en 1958, un discours historique appelant à la tenue d'élections libres et au départ des troupes soviétiques, rappelle le Washington Post. Il s’appelait Viktor Orban.

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